Eliogabalo à l’Opéra Garnier

Eliogabalo à l’Opéra Garnier

Eliogabalo à l’Opéra Garnier

mars 2017 | Reportage Lumière & Vidéo

Quand les asservis structurent la scène

Le metteur en scène Thomas Jolly raffole des appareils automatiques. Après les avoir amplement utilisés sur les scènes de théâtre, notamment dans son mémorable Richard III, il les introduit désormais à l’opéra. Avec son designer Antoine Travert, ils composent pour l’œuvre de Francesco Cavalli une scénographie lumière dans laquelle les faisceaux, une fois encore, structurent l’espace de façon dynamique mais également suggestive et contribuent à l’élaboration d’une esthétique radicale.

Dans Richard III, créé en 2015 (voir SONO Mag n°419), Thomas Jolly et Antoine Travert utilisaient déjà des projecteurs asservis, de façon ludique et outrancière en se jouant ironiquement des reproches dont le monde du théâtre les accable souvent : motorisation bruyante, effets de mouvements purement spectaculaires. Les faisceaux des Pointe y balayaient vivement l’espace tandis que – histoire d’en rajouter un peu – leur motorisation était… sonorisée et amplifiée ! Avec Eliogabalo, le metteur en scène et le designer reprennent les mêmes principes de structuration de l’espace à l’aide des faisceaux traçants mais dans une version qui est, cette fois, moins « trash » et moins « opéra-rock ». Sur la scène de l’Opéra Garnier, c’est plutôt la construction géométrique qui est privilégiée. Les mouvements des faisceaux tout comme le bruit des machines se font plus discrets. Mais l’esprit reste identique : c’est la lumière qui organise la scénographie et assure les fondements d’une esthétique très singulière.

La lumière et sa scénographie

Eliogabalo passe pour un empereur romain à la sexualité aussi ambigüe que débridée. L’opéra baroque de Cavalli exalte cette dimension du personnage à travers des scènes aux multiples excès dont Thomas Jolly exploite la dimension esthétique et spectaculaire. De plus, le culte solaire auquel se voue ce personnage offre un matériau de choix pour une dramaturgie essentiellement basée sur la lumière. Dans la scénographie de Thibaut Fack, voulue par le metteur en scène, les éléments de décors se réduisent à une table éphémère et quelques accessoires mais surtout à un immense escalier mobile qui se déplace et se retourne, permettant de nombreuses métamorphoses de l’espace. Tout le reste est uniquement structuré par la lumière. Au lointain, une cerce supporte une série de MagicPanel qui amènent, par leurs mouvements et leurs teintes ambrées, l’aura solaire dont s’enveloppe l’empereur, ainsi que des vieux Versatile de Coemar qui tissent de belles géométries singulières. Depuis les cintres, 18 Robe Pointe couvrent la première moitié du plateau de leurs faisceaux serrés et structurent l’espace suivant des lignes mouvantes constamment recomposées…

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