Le cirque Phénix

Le cirque Phénix

Le cirque Phénix

mai 2018 | Reportage Installation

Un article de

Éric Moutot

Six-mille spectateurs autour d’une scène centrale

Voici plus de vingt ans que le cirque Phénix propose chaque saison un nouveau spectacle inspiré des cultures du monde. Cette année, avec « CirkAfrica 3 », quarante acrobates, danseurs, musiciens et chanteurs expriment leurs arts durant deux heures de spectacle dans le plus grand chapiteau du monde sans mât intérieur. Derrière les prouesses de ces circassiens, une logistique technique digne des spectacles les plus exigeants, que nous sommes allés découvrir sur la pelouse de Reuilly, aux portes de Paris.

La pelouse de Reuilly accueille un véritable village du cirque. De nombreuses familles, dont la simple évocation suffit à faire briller les yeux des petits et des grands, affichent fièrement leur nom sur les chapiteaux tous plus vastes les uns que les autres. Il faudra parcourir l’allée centrale jusqu’au bout pour trouver le cirque Phénix. A son origine, Alain Pacherie. En démiurge passionné, il nous reçoit dans son accueillant bureau installé au cœur même du cirque.

Issu d’une famille modeste, M. Pacherie va travailler à l’usine dès l’âge de 14 ans. Au bout d’une semaine, il préfère devenir vendeur dans une droguerie. A nouveau déçu, il devient employé de bureau, puis barman, puis livreur de fleurs… Jusqu’à tomber dans le journal sur une annonce indiquant « cherchons jeune homme pour apprendre la mécanographie », l’ancêtre de l’informatique. Il est recruté, son salaire triple. Après quelques années, il rejoint une agence de publicité le jour, en continuant à voir ses copains musiciens yéyé la nuit. Il leur propose alors de faire méthodiquement leur promotion. De fil en aiguille, il rencontre des producteurs et l’un d’eux lui suggère d’en faire son métier. Alain a 21 ans.

Peu à peu, quelques contrats sont décrochés. Rien de mirifique. Alain a alors l’idée de démarcher les comités d’entreprise pour proposer des spectacles, dont du cirque. Ses clients étant fidèles, il se doit de renouveler l’off re chaque année, et c’est ainsi qu’il multiplie les contacts dans le milieu du cirque et rencontre Annie Fratellini avec qui il a un véritable coup de cœur professionnel. Lorsque le cirque Zavatta quitte la pelouse de Reuilly à la fin des années 1990, Alain demande à la Ville de Paris la concession de l’emplacement.

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