Black Keys au Zénith de Paris

par | 10 Juil 2024 | n°501, Reportage Son

Radical Production & RégieTek signent l’accueil en Adamson

Au fil d’une carrière de plus de 20 ans, les Black Keys ont remporté six Grammys et un Brit Award. Pour son « International Players Tour », le groupe américain a posé deux soirs de suite ses valises au Zénith de Paris. Cette tournée full prod voyage avec l’intégralité du matériel nécessaire aux concerts. Pour l’organisation de l’accueil sur place, l’équipe US fait appel à Radical Production.

Basée à Angers et créée voici 35 ans par Christophe Davy, dit Doudou, Radical Production est spécialisée dans la production de spectacles typés rock. Fort de son slogan book or die, la structure a programmé une multitude de groupes. Nous vous invitons à lire la très réjouissante page « Qui sommes-nous » du site www.radical-production.fr

Modeste en comparaison des géants du secteur, Radical ne compte pourtant pas moins de treize permanents, et repose sur des valeurs affirmées. L’envie de travailler dans un esprit positif au sein d’une famille de passionnés.

Olivier Bastide, dit « Bastoche », avait eu l’occasion de côtoyer Radical Production alors qu’il était ingé-son de tournée. Il a rejoint la structure voici un peu plus de deux ans en tant que régisseur général et production manager. Ses goûts musicaux sont en parfait accord avec la galerie d’artistes de Radical et c’est lui que nous retrouvons au Zénith de Paris en charge de l’accueil des Black Keys.


SONO Mag : Merci de nous accorder un peu de ton temps dans la densité de ta journée. Quelles sont tes missions sur un projet tel que celui-ci ?

Bastoche : Pour les deux concerts des Black Keys au Zénith, j’ai trois rôles distincts. Initialement, échanger avec le production manager du groupe, l’équivalent du directeur technique, pour collecter et compiler les informations nécessaires à la définition des besoins des dates. Ensuite, transmettre ces informations au directeur technique de la salle, en donnant toutes les précisions sur, par exemple, les besoins en énergie, la taille de la scène, la configuration de la salle… Dernier aspect de mon travail, la sollicitation des différents prestataires, au sens le plus large possible. Son, lumière, vidéo, SFX, mais aussi sécurité, catering, production runners, étude de rigg, ground transport… Une vision globale des prestataires français à qui je vais expliquer ce que sera leur rôle, avec qui je vais valider le budget et dont je vais assurer la coordination.

Le jour J, avec Hayet, nous arrivons les premiers et partons les derniers. Nous travaillons en binôme, et mon rôle est celui de « prod rep ». Il consiste à faire l’interface entre le groupe et la salle. Je suis ce qu’on appelle un decision maker, habilité à engager des choix pour le bien de la prestation. Les Américains ne parlent pas à la salle. Ils viennent me voir et je me débrouille ensuite pour que tout roule, dans un climat le plus détendu possible.
Je synchronise aussi les équipes de roads, ils sont 34 aujourd’hui au Zénith, ainsi que les engins de levage.

SONO Mag : Quelles sont les qualités principales pour faire ton métier ?

Bastoche : les compétences techniques sont un prérequis, mais ne représentent à mon sens pas plus de 30 % du travail. Ce sont les qualités humaines qui priment, ainsi que la capacité à gérer le stress et la fatigue. Il y a des périodes où l’on fait de grosses journées, voire de grosses semaines, voire de gros mois… Malgré cette pression, il faut pouvoir résoudre les problèmes dans le calme. Les méthodes à l’ancienne, entre affect et colère, n’ont jamais été très pertinentes, et ne sont plus admises aujourd’hui.

Il faut désormais savoir anticiper, être réactif, toujours dans le dialogue, et travailler vite avec un esprit de synthèse, pour aller à l’essentiel.

SONO Mag : Pourquoi une production telle que celle des Black Keys va faire appel à Radical plutôt qu’à une autre structure ?

Bastoche : C’est assurément grâce à mon boss Doudou qui a tissé, dans le domaine du rock en particulier, des relations de confiance uniques avec des groupes et des agents du monde entier. Il travaille avec les Black Keys depuis une vingtaine d’années. Radical est connu pour son savoir-faire et son réseau. Pourquoi aller chercher ailleurs ?

SONO Mag : Y a-t-il des différences dans la façon de travailler entre les prods américaines et françaises ?

Bastoche : Si le type de matériel utilisé reste assez semblable, les manières de penser et d’organiser le travail sont différentes. Les deals ne sont pas les mêmes et les équipes ne sont pas constituées de la même façon. Avec les Américains, tout est plus direct, plus calibré. C’est sans doute dû au fait que leurs tournées sont internationales. Un jour en France, puis une date en Irlande ou en Espagne et ainsi de suite. Chaque concert n’est qu’un instant donné dans une organisation énorme et se doit d’être bagué au maximum pour que le déroulement soit totalement fluide.

SONO Mag : Comment s’articule le calendrier d’un projet tel que celui-ci ?

Bastoche : Les dates des concerts sont en général bookées longtemps à l’avance. Dès lors, je pose des options auprès des prestataires, pour le rigging par exemple, ou pour la location du matériel technique. Avec les Black Keys, j’ai reçu les premières informations de la prod deux mois avant les concerts. J’ai analysé les informations, échangé avec le directeur technique de la production pour que nous accordions nos violons. À partir de là, j’ai lancé des demandes de devis précis et transmis les informations à la salle sur le type de production qu’ils vont accueillir, en termes d’effectifs ou de quantité de camions par exemple.

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