Câbles Ethernet #2

Câbles Ethernet #2

Câbles Ethernet #2

avril 2022Tutoriel Son

Au service du transfert de données

Deuxième épisode de notre dossier sur les liaisons Ethernet. Après avoir détaillé la catégorisation des câbles, la technologie des conducteurs et des blindages, intéressons-nous aux gaines de protection, aux connecteurs et aux capacités des câbles à supporter l’alimentation PoE, avant de conclure en donnant des clés pour estimer les longueurs exploitables des câbles, par type de liaisons et de données à transférer.

Les gaines de protection

Si elles jouent aussi un rôle dans la protection contre les perturbations électromagnétiques, les gaines englobant les conducteurs ont avant tout pour mission de protéger les fils et blindages des potentielles agressions extérieures. Contraintes mécaniques, humidité, poussière : les câbles déployés en événementiel et spectacle vont en voir des vertes et des pas mûres, particulièrement en utilisation en plein air.
Certains fabricants ajoutent sur les gaines des mentions précisant des caractéristiques ou comportements particuliers, dont une bonne partie est consacrée aux capacités des câbles en cas de feu.
Les gaines en PVC sont très inflammables et dégagent des fumées toxiques en se consumant. Elles sont donc peu utilisées, et remplacées par du polyuréthane ou d’autres matériaux beaucoup moins dangereux de ce point de vue.
En revanche, le polyuréthane a tendance à produire des gaines rigides, et y adjoindre un peu de PVC permet d’assouplir l’ensemble. Tout est affaire de compromis en fonction des besoins.
Revenons à l’aspect résistance au feu. La mention FRNC (Flame Retardant Non Corrosive), désigne une capacité ignifuge des câbles, qui améliore leur tenue au feu. Ces câbles sont non-propagateurs de l’incendie et de la flamme.
On peut aussi voir noté LSZK (Low Smoke Zero Halogen), désignant un câble qui, soumis au feu, émet des fumées sans halogène et en faible densité.
Mais la dernière réglementation en date concernant le comportement au feu est la norme EN 50575, plus communément appelée CPR (Construction Products Regulation). Elle permet une harmonisation au niveau européen des essais de réaction au feu des câbles et des éléments de câblage. Les produits sont testés suivant un protocole défini, et se voient attribuer une euroclasse, de A à F selon leurs caractéristiques d’inflammation.
Il est important de comprendre que les normes CPR ne signifient pas de fait une immunité du câble au feu. La plupart des câbles classifiés se contentent de garantir qu’ils ne contribueront pas à l’alimentation du feu, et qu’ils ne dégageront pas d’émanations toxiques pour l’être humain.
Il existe bien entendu aussi des câbles réellement anti-feu, fabriqués selon les normes françaises NF C 32-310 et de classement C1, conformément à la norme NF M 32-070. Ils sont conçus pour être utilisés dans le domaine de la sécurité et toute application nécessitant de préserver l’intégrité d’un circuit. Ces câbles utilisent généralement des gaines en silicone, très performantes mais fragiles.

Les sept euroclasses de la certification CPR effective depuis 2017

Indice IP des câbles équipés

Certains accessoires RJ 45 et câbles réseau sont spécialement conçus pour l’extérieur. Ils se caractérisent par un niveau d’IP (Ingress Protection traduit en français par Indice de Protection pour conserver la pertinence du sigle). Cet indice permet le classement du niveau de protection d’un matériel aux intrusions de corps solides et liquides. Les chiffres qui suivent le terme IP indiquent la conformité aux conditions détaillées dans le tableau page suivante.
Le classement IP des câbles en tant que tels n’est pas systématique. La plupart des produits sont capables de supporter l’humidité ambiante, voire une averse pendant un événement extérieur. L’attention sera à porter au niveau des connecteurs, nous y reviendrons.

Les connecteurs associés

À chaque extrémité du câble, on retrouve une embase ou une fiche. Il existe deux principales normes de câblages des prises RJ45. Nommées T568A et T568B, elles désignent deux choix d’affectation des couleurs des fils de connexion. Les paires 2 (conducteurs orange et blanc-orange) et 3 (conducteurs vert et blanc-vert), sont permutées entre la version A et B. Pour assurer la liaison, les fiches occupant les deux côtés d’un même câble doivent bien entendu être connectées suivant la même norme.
Autre préoccupation qui va de soi, les connecteurs choisis doivent être adaptés aux diamètres externes du câble utilisé. Les informations nécessaires sont données sur les fiches techniques des fabricants de câbles et de connecteurs.
Notons par ailleurs que pour qu’un câble réseau réponde aux caractéristiques d’une catégorie donnée, il faut que non seulement celui-ci en respecte les spécificités, mais également que les deux connecteurs des extrémités soient compatibles avec la catégorie attendue. Comme dans d’autres domaines, la caractéristique d’une liaison Ethernet ne dépassera jamais au final celle du maillon le moins favorable de la chaîne. Un magnifique câble CAT 7 relié par des connecteurs classés CAT 5 ne constituera plus qu’une liaison CAT 5.
Mises à part les sollicitations mécaniques de type écrasement par exemple, nous comprenons aisément que les connecteurs restent le maillon faible concernant la protection de la liaison vis à vis de l’humidité, de la poussière et de tous leurs dérivés, pluie, boue, etc.
Les fabricants de connecteurs ont donc travaillé pour proposer des solutions de connexion répondant aux exigences IP nécessaires à l’exploitation. Il est avant tout important de retenir que les indices IP donnés par les fabricants n’ont de sens que lorsque fiches et embases sont branchées. Des joints assurent alors l’étanchéité, qui se perd dès lors que l’on débranche les connecteurs. Certains fabricants proposent en complément des bouchons caoutchouc pour protéger les connecteurs débranchés.
Neutrik propose ainsi la gamme TOP (True Outdoor Protection), assurant une excellente protection contre les intempéries, les corps étrangers, mais aussi contre le rayonnement ultraviolet du soleil, dont on sait qu’il est capable de faire vieillir prématurément les plastiques. Cette gamme comprend des produits bien connus comme les XLR, Powercon True1, et les Ethercon qui nous intéressent. Ils ont été certifiés selon les normes CEI 61076-2-103, CEI 60320, UL 1977 et UL 498 et répondent également aux exigences d’utilisation en extérieur telles qu’énoncées dans UL50E, une certification concernant la résistance à la compression des élastomères.

Un article d'

Eric Moutot

DANS LA MÊME RUBRIQUE, LIRE AUSSI...

Pin It on Pinterest

Share This