Chronique des effets d’une pandémie

Chronique des effets d’une pandémie

Chronique des effets d’une pandémie

avril 2021Eco & Social

Spectacle vivant vs covid-191, état des lieux, printemps 2021

Mars 2020-mars 2021, triste anniversaire. Un an que la pandémie est arrivée en France. Un an d’arrêt de la culture, avec une toute petite respiration permise l’été dernier pour certains. Un espoir vite déçu avant une nouvelle plongée dans le silence des salles désertes, des festivals enterrés, des tournées avortées. Toute une économie est à l’arrêt. Des adaptations sont-elles envisageables pour en sortir le plus vite possible ?

PRÉAMBULE

Un an après, des milliers d’entreprises et de salariés qui tentent de survivre espèrent que le deuxième semestre 2021 sera celui de la sortie de crise. Même si, paraît-il, ce ne sera plus jamais comme avant. Ces risques viraux avec lesquels il va falloir compter ont modifié en profondeur nos façons de vivre, de travailler, de voyager, de nous distraire, de faire la fête. L’interdiction des regroupements, qu’ils soient dans des lieux de culture ou de convivialité, comme les restaurants ou les bistrots, touchés au même niveau, met à mal notre art de vivre à la française. Des solutions pour des réouvertures émergent. Des initiatives voient le jour. Beaucoup veulent y croire.

ÉTAT DES LIEUX ET SOLUTIONS SUR LE FRONT SANITAIRE

La crise sanitaire semble s’enliser dans la durée et, de nouveaux confinements en couvre-feux, la culture reste, avec la restauration, la grande sacrifiée de cette pandémie. Les mesures mises en place par de nombreux entrepreneurs afin de garantir le respect des gestes barrières et la santé des spectateurs n’ont pas permis aux salles de spectacle d’être autorisées à rester ouvertes. Face aux grandes surfaces et transports en commun bondés, l’incompréhension du monde de la culture, décrété non essentiel, a fait place à un sentiment d’injustice. Pourtant, une première expérience, « Restart-19 » 2, menée le 22 août dernier par la faculté de médecine de Halle, en Allemagne, a permis de « confirmer que, si les règles sanitaires sont bien respectées, les risques de transmission sont faibles, voire très faibles ». Près de 2 000 volontaires se sont prêtés à cette expérimentation, en situation de concert au Red Bull Arena de Leipizg. Les recommandations des chercheurs, outre le maintien des règles sanitaires (port de masques, adaptation des jauges, multiplication des accès), sont de doter les lieux clos de spectacle « d’une technologie capable d’assurer une ventilation adéquate et un échange régulier d’air ».Une autre étude, comparative cette fois, sur la transmission virale dans les lieux publics clos, menée par deux scientifiques de l’institut Hermann-Rietschel de l’université de Berlin 3, vient d’être rendue publique. Intitulée « Infection au Covid-19 via des particules aérosols », cette étude avait pour objectif d’observer les risques d’infection en fonction de différents types de lieux publics, de l’activité respiratoire des sujets (suivant qu’ils sont assis, debout, qu’ils parlent, marchent ou pratiquent une activité physique modérée ou intense) et de la durée d’exposition aux aérosols. Les chercheurs ont opéré des distinctions avec ou sans port de masque, en fonction du type de masque, et en posant le postulat qu’une personne malade était présente au sein d’un groupe d’individus sains. Les résultats sont édifiants : parmi les vingt types de lieux étudiés, les théâtres, les salles d’opéra et les musées, qui imposent le port du masque et ont une jauge réduite à 30 % pour un taux d’occupation de 40 %, sont en tête des lieux les plus sûrs.

un article de

clotilde véran

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