Contre-jour radical

Contre-jour radical

Contre-jour radical

décembre 2015 | Reportage Lumière & Vidéo

Fakear à l’Olympia

Visiblement ému, il s’excuse presque d’être là, dans cette mythique salle parisienne qui lui fait l’honneur de l’accueillir. C’est pourtant le public de l’Olympia qui sort encore plus troublé que lui de ce concert envoûtant. Accompagné par cinq musiciens, le jeune compositeur électro offre un spectacle total où la musique, la scénographie et les éclairages dessinent un univers aussi dynamique que contrasté. Pour cet ambitieux design lumière, Vincent Haffemayer a pris le parti d’un contrejour radical, sur fond de faisceaux qui filtrent à travers les éléments du décor et dilatent l’espace en de puissantes géométries. Un choix esthétique osé et pleinement assumé.

Découvert en juin 2013 aux TransMusicales de Rennes, Théo Le Vigoureux alias Fakear est un jeune compositeur bourré de talent et dont l’ascension est fulgurante. Sa musique électronique imprégnée de world music est un véritable voyage. Arc-bouté sur ses pads multicolores, les bras écartés comme un oiseau qui déploie ses ailes, il effleure ses machines du bout des doigts, imprimant des rythmes lancinants qui se développent en longues volutes musicales. C’est un véritable danseur à la gestuelle fine et déliée. Planté au cœur d’un dispositif scénique vaste et touffu, sa silhouette ondulante se détache avec précision dans le contre-jour radical d’une lumière très crue qui tisse dans l’espace de longues géométries entrecroisées. On est loin de l’esthétique conventionnelle du deejay coincé entre deux écrans vidéo. L’architecture de l’espace, les éléments de décor, la qualité des matières, la succession des plans, les angles d’éclairement, les contrastes de couleurs, tout est pensé en vue de créer un univers visuel qui fasse corps avec la musique.

Newsletter

Rejoignez la mailing list de SONO Mag et recevez chaque semaine les dernières News.

DANS LA RUBRIQUE LUMIÈRE & VIDÉO, LIRE AUSSI...

Share This