& de Julien Doré

Un article de
Olivier Balagna
Esthétique & sensibilité
Le « & Tour » de Julien Doré est une grosse tournée. Sa scénographie minimale au design épuré et la discrétion apparente des lumières et de la vidéo cachent en réalité une imposante machinerie qui emploie cent personnes par jour et enchaîne les dates à un rythme effréné. Les lumières, conçues par Emmanuel Alexandre, s’intègrent avec autant de force que de délicatesse dans l’univers poétique et visuel imaginé par le chanteur aussi bien que dans l’esthétique presque aseptisée de son décor.
Pour ceux qui ne le sauraient pas, la lettre « & » se nomme « esperluette » ! Elle constitue à elle seule le titre du dernier album du héros de la Nouvelle Star et trône de ce fait, sur fond blanc, en couverture de la pochette. C’est aussi une fenêtre qui ouvre sur l’univers visuel de Julien Doré : à l’intérieur de la lettre, les images se succèdent et se déclinent à l’infini. Ça, c’est pour l’album et son marketing.
Côté scène, le chanteur a tenu à reprendre le même principe et la même esthétique. Une esperluette géante se déploie en fond de scène devant un immense plateau blanc. La lettre est creuse : c’est un point de passage par laquelle il apparaît et entre en scène. C’est aussi, comme sur la pochette de l’album, une ouverture vers les images qui composent son monde onirique. Mais là, les images s’animent grâce à un écran composé de dalles LEDs placées juste derrière la lettre. Julien Doré figure sur les vidéos, bientôt rattrapé par son double lorsque que le chanteur pénètre à nouveau dans l’esperluette pour se rejoindre lui-même. Un brin narcissique ? Certes. Mais la qualité du design, l’épure radicale de la scénographie, le minimalisme (apparent) des lumières travaillées jusque dans le plus petit détail et le moindre effet, ajoutés à l’humour et à la générosité de l’interprète, donnent à ce spectacle grandeur et beauté.
La force esthétique des lignes
Il est peu fréquent de voir un plateau aussi dépouillé. De vastes zones vides, sans instrument, sans projecteur, sans câbles. Pourtant, trois niveaux de podiums se déploient de la face vers le lointain. Mais tout est blanc et presque vide. Jamais une scène n’a semblé aussi immense. Juste quelques K10 sont discrètement disséminés en bord de plateau. Sur chaque flanc, des BMFL sont positionnés sur de petits podiums blancs, comme dans un musée (on regrette que Clay Paky et Robe n’en ait pas conçu de version blanche !). Voilà pour le sol. C’est d’une extrême discrétion.
Au-dessus, sur les ponts, le kit suspendu semble tout aussi minimal. Mais, là, c’est une illusion d’optique qui tient à la disposition originale des accroches. Emmanuel Alexandre a fait le choix d’un pont en étoile, ouvert comme un éventail, dont les lignes convergent en direction de l’esperluette. Le résultat, c’est une accroche très aérée où il semble n’y avoir que peu de sources alors qu’on y dénombre pas moins de…
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