DELTA T : LE SON (EST AUSSI) UNE QUESTION DE TEMPS

DELTA T : LE SON (EST AUSSI) UNE QUESTION DE TEMPS

DELTA T : LE SON (EST AUSSI) UNE QUESTION DE TEMPS

septembre 2016 | Tutoriel Son

Un article d'Eric Moutot

CHAPITRE 1 : La prise de son

Quels que soient les mots que l’on utilise pour les qualifier – déphasage, décorrélation, désynchronisation, latence, temps de propagation ou de traitement… –, les multiples occasions de subir des décalages temporels entre les sons que nous utilisons engendrent des situations dont il faut avoir conscience pour soit les exploiter, soit minimiser leurs conséquences nuisibles sur le résultat final de notre travail. Dès la captation, des questions se posent. On peut ensuite retrouver des décalages à l’étage d’entrée, dans le mélange, le traitement et les effets. Sans oublier les incidences majeures dans les systèmes de diffusion. Bien avant de penser à chercher à « améliorer le son » avec notre armada de processeurs, la préoccupation de la « mise en phase » des signaux reste la priorité, de la captation jusqu’à la diffusion. Alors autant faire un point sur le sujet. Pour illustrer notre démarche, nous allons souvent prendre en exemple le cas de la batterie. Cet instrument « multisource » couvre une bonne partie du spectre fréquentiel, est généreux d’un point de vue spatial et propose une grande dynamique ; une bonne partie des ingrédients que nous devons appréhender dans notre travail quotidien avec le son. Au fi l des chapitres, nous allons cheminer dans la chaîne du son, telle que les signaux la parcourent, de la prise de son jusqu’à la diffusion…

Nous choisissons arbitrairement une batterie à cinq fûts plus son jeu de cymbales. Nous équipons la caisse claire d’un micro pour la peau de frappe et d’un second pour le timbre. Un capteur pour le kick, et trois autres sur les toms. Deux statiques sont installés en overhead. Le batteur s’installe et frappe la caisse claire. Début de l’aventure. Sur notre caisse claire, nous utilisons un micro pour la peau et un second pour le timbre 1 . Le premier micro (rouge) pointe du haut vers le bas, l’autre (vert) du bas vers le haut. Ils se retrouvent donc tête bêche. Lorsque la baguette frappe le fût, la peau entre en vibration 2 . Si l’on décompose son mouvement très lentement, elle va commencer par se creuser vers le bas. Par l’intermédiaire de l’air, le micro situé en dessous va encaisser une pression. A l’inverse, le micro supérieur va, on le comprend, subir dans la même phase une dépression…

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