Les washs 7 LEDs

Les washs 7 LEDs

Les washs 7 LEDs

septembre 2022Test Lumière & Vidéo

Petits, mais costauds !

C’est avec un grand plaisir que j’aborde le dossier que vous avez entre les mains. Depuis l’avènement du LEDBeam 150 de Robe en 2017, ces petits washs de sept LEDs sont partout. Il faut dire que ces lyres ont des arguments pour elles. Peu onéreuses, légères et rapides, disposant d’un zoom conséquent et parfois dotées de fonctions de pixel mapping, elles se distinguent du simple wash, contrairement à ce que l’on pourrait imaginer au premier abord. Mais comme presque chaque marque en propose une dans son catalogue, il n’est pas aisé de faire son choix. On s’est donc dit qu’on allait les tester pour vous. On y va ?

Toute la nouveauté de ces projecteurs repose sur l’amplitude du zoom. Les anciens washs se contentent de zooms moins serrés (prenons l’exemple du Mac Aura qui propose un zoom de 11°-60°). Le fait de proposer un bâton fin et une grande vitesse de déplacement permet plus de versatilité dans l’utilisation de ces machines. De plus, des fonctions de pixel mapping et de pan/tilt infinis viennent parfois compléter cette offre. Forcément, il est nécessaire de prendre en compte qu’il en faudra plusieurs pour un effet « beam » satisfaisant, mais elles seront aussi à l’aise sur des grandes scènes, compte tenu de l’intensité gagnée par la présence du zoom serré (pour exemple, il y avait 112 LEDBeam 150 sur la tournée de Soprano en 2019), que sur des faces ou contres dans des scènes de moindre hauteur.

La méthode

Nous allons ici, pour comparer ce qui est comparable, nous appuyer sur les bancs d’essai que nous réalisons déjà dans les colonnes de SONO Mag, avec quelques aménagements. Voici les différents points que nous avons choisi d’étudier, et pourquoi :

• Le derating
Nous sommes en présence de projecteurs à LEDs. Une LED est un composant électronique soumis à une intensité électrique, et si les LEDs ont un rendement plus important que les lampes halogènes en termes de consommation/lumière émise/chaleur émise, elles ne sont pas parfaites et produissent également de la chaleur. Et l’on sait qu’un composant électronique qui a chaud est un composant qui perd en efficacité, d’où les systèmes de refroidissement que l’on peut trouver dans tous nos appareils électroniques. La conséquence est que l’élévation en température du projecteur au fil du temps provoque une perte en luminosité. C’est ce que l’on appelle le derating.
Pour le mesurer, nous allumons la machine à 100 %, et nous mesurons la lumière au même endroit toutes les cinq minutes pendant une heure. En parallèle, nous mesurons la température du projecteur. Ces deux courbes nous donnent un tableau tel que celui-ci.
C’est une mesure importante pour tous les techniciens qui ont besoin d’une quantité de lumière stable sur la durée (cinéma, télévision, théâtre). Nous notons quatre étoiles de 100 % à 90 %, trois étoiles de 90 % à 80 % etc.

• Les courbes de gradation
En temps normal, nous mesurons toutes les courbes offertes par les constructeurs. Pour ce dossier, nous avons préféré nous concentrer sur deux d’entre elles (si présentes dans la machine), à savoir la courbe linéaire, basique et permettant de se faire une idée de la qualité de la gradation, et la courbe square, qui se veut une émulation de la gradation de l’halogène, et de fait très utilisée en spectacle. Nous mesurons la lumière reçue par notre cellule en lux à chaque incrément de 10 % d’allumage des machines.
Certains projecteurs bas de gamme ne disposent pas d’alimentation à découpage de qualité, ou ne gèrent leur intensité que sur 8 bits, et affichent une gradation saccadée. Ces mesures ainsi que des tests visuels permettent de faire ressortir ce phénomène s’il existe. La note dépendra de la qualité des courbes obtenues.

• Le profil du faisceau
Très simple, cette mesure sert à représenter l’étale du faisceau d’un projecteur, en relevant la lumière reçue par notre cellule tous les dix centimètres à partir du centre, sur un faisceau calé à 17° d’ouverture (valeur arbitraire que nous utilisons pour tous nos bancs d’essais dès que le projecteur le permet). Nous avons décidé pour ce dossier de nous concentrer sur le profil horizontal, qui permet cependant de bien se rendre compte de l’étale. Plus le graphique est pointu, plus le point chaud est accentué. Si le graphique est erratique ou décalé, l’étale est mauvaise. La note dépendra de l’étale et de la linéarité de la perte d’intensité.

• Le débattement du zoom
Mesure importante dans ce comparatif, les angles d’ouverture maximums mesurés pour nos machines. Pour les washs, la profession utilise la mesure au tenth peak (aussi nommée field angle), consistant à mesurer la lumière à l’aide de la cellule au point central, puis à s’arrêter lorsque l’on obtient le dixième de cette valeur de départ. Ensuite, par un calcul d’angle rapporté à la distance de la source et à la largeur mesurée au tenth peak, nous obtenons l’angle du faisceau. Attention, car certains constructeurs vont afficher la mesure au tenth peak pour l’angle le plus large, et la mesure au half peak (lorsque l’on atteint la moitié de la valeur de départ) pour la plus serrée. Ainsi, ils donnent des valeurs avantageuses en termes de marketing, mais qui ne sont pas comparables et faussent les chiffres annoncés. La note dépendra du débattement obtenu ainsi que de la sincérité des équipes marketing quant aux capacités de leurs machines.

• Les niveaux sonores
Nous mesurons tous les niveaux sonores à 1 m de distance, en dB(A). Machine éteinte, allumée, avec le ventilateur en mode automatique, ventilateur en mode rapide si l’option existe, et enfin avec deux effets simultanés de cercle pan/tilt et de zoom. La note sera facteur de tous ces résultats cumulés.

• La température de couleur
Essence même de la lumière, la température de couleur d’un blanc est un facteur important que l’on va vouloir modifier soit pour adapter sa machine au blanc émis par les sources proches, soit pour des raisons artistiques. Nous mesurons ici trois blancs, s’ils sont disponibles dans la machine. Un blanc à 3 200K, équivalent d’une lampe halogène, un blanc à 5 600K, utilisé pour de la captation télévisuelle, et un blanc à 8 000K, pour un blanc proche des sources LEDs actuelles. Nous noterons l’adéquation des mesures aux données constructeurs.

• Le R15
Il permet de mesurer le rendu de plusieurs teintes de couleurs lorsqu’éclairées par le blanc d’un projecteur. Très important dans les applications de captation vidéo, ou pour le théâtre lorsqu’il faut éclairer décors et costumes, nous présentons ici dans la mesure du possible la mesure à 5 600K. Une attention particulière est donnée au R9, mesure du rendu des rouges, qui est important pour les teintes de peau.

• Le TM30
Plus évolué que le R15, le TM30 nous donne un graphique en forme de cercle. Plus le résultat du projecteur est conforme au cercle de référence, mieux les couleurs seront rendues. On dispose également de deux indicateurs : le Rf, coefficient de fiabilité, qui nous donne l’indication comme son nom l’indique de la fiabilité du rendu des couleurs, et le Rg, coefficient de saturation, qui nous indique si les couleurs seront en moyenne plus saturées ou désaturées par la lumière émise par la machine.

• La maintenance
Nous n’allons pas démonter entièrement le projecteur, mais il est toujours bon de l’ouvrir pour voir ce que nous réserve un changement de connectique ou un simple nettoyage des lentilles. Si nous n’avons aucune machine IP65 dans ce banc d’essai (avec des joints qui complexifient la maintenance), certains constructeurs ont la main lourde sur le nombre de vis, et c’est toujours bon à repérer. Nous noterons la qualité de l’accès aux divers éléments ainsi que la qualité de fabrication.

Enfin, en conclusion, vous trouverez un tableau de notes sur une échelle d’une à quatre étoiles pour chaque paramètre important de la machine, selon des critères que nous avons définis. Sans plus attendre, lançons-nous dans ce banc d’essai, les machines étant présentées par ordre alphabétique du nom du constructeur.

 

Un article de

alexandre roy

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