Du téléphone au line array

Du téléphone au line array

Du téléphone au line array

juin 2020Reportage Son

Les dates clés de la sonorisation

Dans l’univers de la sonorisation comme dans les autres, le déroulement de l’histoire est constitué de temps de continuité et de moments de rupture. Les semaines particulières que nous vivons, et qui rebattent certaines cartes, ne sont-elles pas propices à une mise en perspective de nos métiers ? Nous nous sommes intéressés aux étapes charnières de l’évolution des principes de diffusion du son.

Bien avant que l’idée de sonorisation ne germe, les spectacles se déroulaient via la diffusion naturelle, acoustique, du son. Des connaissances en acoustique architecturale, souvent empiriques, permettaient depuis les temps immémoriaux aux bâtisseurs de lieux d’expression, à commencer par les théâtres antiques, et sans oublier les lieux de culte, de favoriser la diffusion du son des locuteurs et musiciens. En 1861, l’Allemand Johann Philipp Reis crée, pour une utilisation dans un téléphone, le premier transducteur électrodynamique, le principe à la base de nos haut-parleurs. Il transpose une oreille humaine dans laquelle un morceau de vessie de porc joue le rôle de tympan et une pièce de platine celui du marteau. Le premier brevet décrivant un haut parleur à bobine mobile, c’est-à-dire comparable à la plupart de ceux utilisés aujourd’hui, a été attribué à Werner von Siemens en 1877.

En 1907, l’Américain Lee De Forest invente la triode, tube électronique qui permet les premières amplifications, tandis que le transistor apparaît à titre expérimental en 1947. C’est aussi en 1947 qu’est créé le magazine Le Haut-Parleur. Les circuits électroniques décrits dans Le Haut-Parleur utilisent des lampes, mais le transistor permettra la démocratisation de l’électronique. Durant la première moitié du XXe siècle, les bureaux d’études vont imaginer de multiples solutions de diffusion du son, très majoritairement basées sur le principe du point source, à savoir une source électro-acoustique assimilable à un point dans l’espace, à partir duquel se déploient des ondes acoustiques.

Ces découvertes mêlant électronique et haut-parleurs seront progressivement utilisés pour les récepteurs radio, pour amplifier des instruments électro- acoustiques, pour le cinéma parlant, par les disc jockeys, par les services de propagande les plus divers… L’évolution des découvertes technologiques, associée à l’imagination et l’audace des pionniers qui doivent inventer un nouveau métier, permet dès le début des années 1960 à la sonorisation de puissance de voir le jour.

À LA RECHERCHE DE LA FORTE PUISSANCE

Le 15 août 1965, les Beatles se produisent lors d’une tournée aux EtatsUnis. Le 15 août, le Shea Stadium, à New York, accueille 55 600 spectateurs. Cette date est considérée comme le premier concert dans un grand stade. La solution de sonorisation est à inventer et l’équipe retient un arrangement de colonnes Electro-Voice LR4. Celles-ci ont été présentées en octobre 1961 à l’AES en tant que « Line radiators for sound reinforcement ». Sur la documentation de l’enceinte, le fabricant revendique déjà les capacités, avec l’arrangement en ligne, de « projeter le son avec une grande uniformité de couverture », pour la sonorisation des « théâtres et grandes salles ». Electro-Voice indique que les basses fréquences seront, si nécessaires, reproduites par des hautparleurs séparés. Tout cela ne ressemble-t-il pas à certains traits de nos line arrays d’aujourd’hui ?

Un article d'

Eric Moutot

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