Festival de Saint-Riquier

Festival de Saint-Riquier

Festival de Saint-Riquier

novembre 2019Reportage Son

Du son sous haute surveillance

Chaque année depuis 1985 se déroule début juillet un festival de musique, dans le cadre prestigieux de l’abbatiale de Saint-Riquier. Jusqu’à 2017, la programmation y était exclusivement classique ou lyrique, et uniquement acoustique, mais en 2018, il fut décidé de l’élargir à une plus grande variété de styles musicaux. C’est ainsi que l’affiche des quatre premières représentations de cet été réunissait Dee Dee Bridgewater, Roger Hodgson, Melody Gardot et Manu Dibango. L’occasion pour nous de faire connaissance avec la jeune société Cynergie Sonorisation Live, basée à Amiens, qui a été choisie par Christian Hérouard, directeur technique du festival, pour assurer toute la prestation technique.

Située en baie de Somme à quelques encâblures d’Abbeville, la petite commune de Saint-Riquier est le berceau de l’abbatiale du même nom, qui représente l’un des plus beaux spécimens de l’art gothique flamboyant de Picardie maritime. Mais les Centulois – c’est ainsi qu’on appelle ses habitants, de l’ancien nom de la cité, Centule – ont une raison supplémentaire d’aimer leur ville. Ils chérissent le festival et en deviennent souvent les organisateurs bénévoles.

C’est un rendez-vous qui annonce les premiers congés et les beaux jours. Les bâtiments abbatiaux accueillent également des expositions et des conférences pendant la période estivale. Si Roger Hodgson (la « voix » de Supertramp) a délivré sa prestation sur le parvis, donc en plein air, les autres artistes étaient programmés dans l’abbatiale, dont les voûtes s’élèvent à 24,6 m sous clef pour une longueur totale de 96,6 m et une largeur de 13 m. Mais le magnifique édifice affiche un temps de réverbération de 4,5 secondes ! Cet effet naturel, très recherché lorsqu’il s’agit de chant choral ou de pièces liturgiques, peut rapidement se transformer en cauchemar pour les musiques amplifiées et les grandes formations.

La veille de notre passage, la chanteuse américaine Melody Gardot avait délivré un concert de très haute volée, dont le répertoire, soigneusement choisi en fonction de l’acoustique du lieu, donnait priorité à des mélodies tout en nuances et, aux dires de l’équipe son, le concert s’est déroulé comme sur un nuage. Le 5 juillet, c’était une autre histoire. Le saxophoniste Manu Dibango inaugurait une nouvelle série de concerts baptisée « Safari symphonique », à laquelle participaient non seulement les 13 musiciens de son groupe Soul Makossa Gang, mais également une section de l’orchestre des concerts Lamoureux. La partie s’annonçait rude !

un article de 

gisèle clark

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