Festival MoZ’aïque du Havre

Festival MoZ’aïque du Havre

Festival MoZ’aïque du Havre

septembre 2021Reportage Son

Rencontres entre nature et culture

La ville du Havre, qui compte l’un des sept plus grands ports de France et parmi les plus importants d’Europe, a toujours été un lieu d’échanges ouvert sur le monde. Réduite à un urbanisme essentiellement fonctionnel après avoir été dévastée durant la guerre, la ville a dû réinventer son charme, en investissant notamment dans la végétalisation de ses espaces publics. Un art de vivre alliant nature et culture, confort et ouverture, que l’on retrouve dans l’identité de son festival MoZ’aïque.

En 2010, la municipalité du Havre réhabilite son fort Vauban sous forme d’un ensemble de serres végétales. Rebaptisé « les jardins suspendus », le lieu sert à produire de manière autonome de quoi alimenter en végétaux les multiples parcs et espaces verts de la ville et fait office de musée du monde végétal. La mairie ajoute comme dernier volet culturel du projet la définition d’un festival qui lui ressemble, pour lequel elle missionne Jérôme Le Bay, directeur et programmateur de MoZ’aïque.

La technique du festival est confiée à la société HBN Média, un partenaire qui s’occupe aussi du Magic Mirrors (NDLR : salle de spectacle havraise). Nous leur demandons la perfection sonore à un niveau d’écoute léger (90 dB SPL) de manière totalement homogène. Une exigence élevée, mais qu’ils savent accomplir en en comprenant parfaitement les enjeux. Programmer, c’est accueillir, et bien accueillir, c’est donner au public un son propre, dans un beau lieu, qui lui permette de se concentrer sur l’essentiel, un voyage artistique et social.

Romain Bredel, permanent de HBN Média, ingénieur système et mixeur de façade sur le festival :

En temps normal, chacune des deux scènes en vis-à-vis possède une jauge de 700 places avec une régie à 35 mètres. Nous sommes passés à 2 000 sièges avec une régie qui devait se situer à 70 mètres, mais que nous avons pu renégocier à 50 mètres. Nous travaillons en Meyer Sound avec le soutien de Sébastien Nicolas, qui représente Best Audio, distributeur historique spécialiste de la marque depuis 1987. Les années précédentes, la diffusion était en Leopard. Nous avions une simulation valide pour augmenter la jauge en rajoutant des boîtes, mais nous avons réalisé qu’en passant les enceintes principales en Lyon on pourrait mieux porter le poids du bas-médium et la présence des voix et caisses claires. C’est un choix essentiel étant donné ce cahier des charges où l’homogénéité des sensations doit primer sur le SPL. Toute la préparation avait été faite pour une régie à 70 mètres, mais on a finalement conservé cette configuration une fois la régie portée à 50 mètres. D’une part, la prod a souhaité qu’il puisse y avoir du passage derrière la régie et, d’autre part, cela nous permet d’être à l’aise pour mixer en maîtrisant bien les sensations. Disposer d’une régie bien immergée dans la couverture est une forme de mise en sécurité. On peut restituer un niveau de pression agréable à écouter, puissant et précis partout sans devoir nous balader parmi le public pour vérifier, car le son sera trop fort en régie avant d’être trop fort au premier rang.

Pour les renforts de grave, on a mis en place une configuration mixte composée d’une ligne de 1 100 LFC au centre pour améliorer la portée du bas, encadrée par des 900 LFC en arc-sub virtuel pour élargir et homogénéiser la pression. De plus, chaque point est en cardio, de manière à épargner le plateau. Une nécessité car nous accueillons plusieurs instruments traditionnels qui envoient du grave, et nous employons souvent des micros statiques.

Verdict en musique avec le concert de Yaron Herman en journée et les balances de Mayra Andrade en fin d’après-midi. Yaron Herman Trio joue à 82 dB(A) à la console, avec une impression de proximité qui véhicule parfaitement le tranchant des attaques, la sensibilité des timbres et qui, in fine, nous fait surfer sur les envolées harmoniques du pianiste. La soul-funk-électro cap-verdienne des musiciens de Marya Andrade délivre un cocktail plus puissant et, même avec le respect des 90 dB(A), aucune impression de manque ne se fait sentir. C’est aussi l’occasion de vérifier l’homogénéité du grave qui, pour une fois, n’est pas énormément plus fort devant que derrière. La ligne de sub génère un couloir de surpression au milieu, mais le problème a été contourné en faisant du centre le couloir d’accès. Un bien joli festival que ce MoZ’aïque. Il nous démontre que les sensations d’impact et les plaisirs recherchés en live reposent davantage sur la précision, la qualité, que sur la pression et la quantité.

De gauche à droite : Stéphane Fritsch, concepteur lumière et pupitreur ; Régis Lethuilier, directeur technique HBN Média ; Jérôme Le Bay, directeur du festival, programmateur ; Julien Lethuilier, ingénieur du son retour ; Romain Bredel, respon-sable technique HBN Média pour le festival ; Jean-Baptiste Cavelier, régisseur plateau ; Victor Marinier, pupitreur lumière ; Olivier Agra, gérant HBN Média ; Marie-Christine Lethuilier, assistante de gestion HBN Média.

Un article de

frank gillardeaux

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