Flux, intensité, éclairement : quel critère utiliser ?

Un article de
Olivier Balagna
Light Basics | Fiche pratique n°15
Est-il pertinent de comparer les flux lumineux de deux projecteurs ? À quoi nous servent les valeurs d’intensité ? Et que signifient-elles ? Et l’éclairement ? Est-ce un critère utile pour l’éclairagiste ? Autant de questions que l’on entend fréquemment et auxquelles les fiches techniques des produits n’apportent pas toujours de réponses éclairantes.
Rappelons d’abord que la métrologie de la lumière (sa mesure scientifique) se décompose en deux branches : la radiométrie et la photométrie. La première est une mesure physique de l’énergie de la lumière. La seconde quantifie l’énergie lumineuse perçue par l’œil humain. L’œil, en effet, ne perçoit qu’une toute petite frange des radiations lumineuses et, surtout, de manière très inégale. Les fabricants de luminaires l’ont bien compris et ne se privent plus, depuis l’avènement de la LED, d’employer des ruses pour « doper » les sources afin d’augmenter le niveau de lumière perceptible des appareils. L’introduction de LEDs « lime » permet notamment d’obtenir des faisceaux plus lumineux car leur longueur d’onde proche de 555 nm est mieux détectée par l’œil. Quelles sont alors les mesures que nous devons considérer et quelles informations nous donnent-elles ?
Faut-il connaître le flux lumineux ?
Comparer le flux émis par deux sources lumineuses nous permet de déterminer laquelle offre le meilleur potentiel. Mais, en revanche, comparer le flux lumineux de deux luminaires n’a, en termes d’éclairage, aucun sens. Pourquoi ? Le flux, c’est le débit. Pourtant, un gros débit, c’est mieux qu’un petit débit ? Eh bien, pas forcément. Un luminaire est un système optique complet qui a pour fonction de réorienter la direction des rayonnements et d’organiser leur distribution spatiale. En sorte que la lumière qu’il émet et qui parvient sur une surface (disons, au hasard, la scène) dépend surtout de cette orientation et de cette distribution. Donc, du système optique. Pour prendre une image parlante, un luminaire est le strict équivalent d’un robinet branché sur un tuyau d’arrosage. Un gros débit avec une vanne d’un énorme diamètre mettra de l’eau partout mais ne vous permettra pas d’arroser le mur du voisin situé à 15 m. En revanche, un petit débit avec un robinet dont la taille et le réglage sont adaptés vous permettront de l’atteindre de façon efficace et percutante.
Comparer le flux lumineux de deux luminaires n’a donc de sens que si leurs systèmes optiques sont rigoureusement équivalents. Ce qui n’est presque jamais le cas. Il suffit que les angles de faisceaux minimum et maximum d’appareils équipés d’un zoom soient…
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