Introduction
Notre précédente série de tutoriels évoquait les grands principes de la programmation lumière et les principaux outils. Aujourd’hui, nous vous proposons de mettre les mains dans le cambouis en rentrant en détail dans le fonctionnement de nos projecteurs asservis et la manière dont les consoles leurs parlent.
En effet, beaucoup utilisent aujourd’hui des asservis sans avoir pris le temps de les ouvrir… voyons donc cela ensemble.
Une première chose est à rappeler : malgré les interfaces diverses des consoles, ce sont toujours les mêmes moteurs et cartes électroniques que nous allons piloter, et ce avec le même protocole. Cela peut paraître évident, mais ça veut dire que virtuellement, n’importe quelle console lumière peut piloter un projecteur asservi, même une console traditionnelle avec 24 faders (difficilement, certes, mais quand même) et tout cela grâce au DMX.
Le DMX, langage universel
Loin de moi l’idée de vous expliquer le protocole dans son entièreté. Si vous êtes intéressés, il y a déjà de nombreuses informations à ce sujet dans nos cahiers techniques sur la lumière. Reprenons juste les bases qui nous intéressent.
Le DMX est un protocole présentant des univers composés de 516 canaux dont chacun peut se voir attribuer une valeur de 0 à 255, soit 256 valeurs. Et en langage informatique, 256 échelons s’écrivent avec « 8 bits ».
Quand la lumière consistait à allumer des projecteurs de 0 à 100 %, une précision de 256 pas était parfaitement acceptable. Mais prenons maintenant le cas d’un projecteur motorisé. Il dispose d’un débattement de Pan de 540° (ce qui est la norme, avec certaines références proposant 630°). Sans avoir fait maths sup’, on comprend que 540 divisés par 256 ne vont pas nous offrir une précision de positionnement énorme (quand on modifie la valeur DMX de 1, le projecteur parcourt 2,1°). C’était le cas des premières consoles pour asservis, notamment la ScanCommander de MA Lighting, qui avait tendance à saccader les effets de cercle à cause de cette limitation.

C’est là que le 16 bits a été introduit. Plutôt que de modifier le protocole DMX, on l’utilise intelligemment. Un premier canal représente le Pan 8 bits classique sur 256 pas, mais on va mobiliser un deuxième canal (le suivant en général) dont la valeur va représenter l’ensemble des niveaux possibles entre deux pas du premier. On a donc 256 valeurs du canal 2 par valeur du canal 1, 256*256 = 65 536. La voilà notre précision tant attendue. Dans les projecteurs, les paramètres de position 8 et 16 bits sont souvent nommés « Pan & Pan Fine ». Dans les consoles, c’est souvent invisible, on utilise la molette est c’est tout. Mais parfois, comme sur GrandMA, on peut choisir entre plusieurs degrés de précision (coarse, fine, ultra-fine).
Et depuis son introduction, le 16 bits s’immisce partout : zoom, couleurs, vitesses de rotation… Il est de fait grandement responsable de l’augmentation du nombre de paramètres des projecteurs. Les modes Étendu, Basic et Standard vont souvent définir le nombre de paramètres contrôlés en 16 bits.





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