EP 6 – Les couteaux
Après les gobos et les roues d’animation, nous attaquons un paramètre qui change radicalement le faisceau : les couteaux. Transposant le fonctionnement des découpes traditionnelles aux asservis, ce module de cadrage permet de délimiter des zones avec précision. Mais passer du réglage d’un projecteur directement à la nacelle à son pilotage depuis la console demande de comprendre l’ensemble de la chaîne, des moteurs jusqu’à l’interface de contrôle.
Mécanique interne du projecteur
Le module de couteaux est une pièce complexe située au plan focal du projecteur. Quatre lames sont posées sur deux ou plusieurs plans, chacune étant actionnée par deux moteurs indépendants (un pour déplacer chaque côté du couteau), soit un total de huit moteurs pour un module de quatre lames. Leur déplacement doit être parfaitement linéaire pour que le bord du faisceau reste net. La contrainte majeure ici est la chaleur et la déformation des lames qui en découle. C’est de moins en moins vrai avec les projecteurs à LEDs, dont la chaleur interne est nettement moins élevée, bien qu’au point focal, la concentration de lumière reste haute.
De plus, le module est la plupart du temps posé sur une « cassette » rotative permettant de tourner notre forme en entier, à l’image de ce qui se fait sur les versions SX des découpes Robert Juliat. Très utile car permettant de compenser l’orientation du projecteur, il est souvent possible de lui appliquer une rotation dont l’amplitude se situe entre ± 45° et ± 90°. Cette opération permet d’orienter le cadrage global sans avoir à bouger la tête du projecteur.
On va distinguer les modules à fermeture complète et les autres. Les premiers permettent de fermer entièrement le faisceau à l’aide de deux couteaux face à face ou avec chaque lame indépendamment, les autres vont voir leurs lames opposées entrer en contact au centre, voire ne pas pouvoir se toucher, ce qui laissera un passage pour la lumière. Ces derniers modules sont plus simples à concevoir et permettent de placer les couteaux sur deux plans de focale, ce qui autorise à faire le net sur l’entièreté de la forme plus facilement. Pour les autres, c’est plus compliqué car on a alors quatre plans de netteté différents, et dans un asservi au train optique très fin, quelques millimètres font vite la différence entre net et flou. Concernant chaque couteau en lui-même, évidemment, il ne sera pas possible de le tourner infiniment et il faudra alors faire appel à la rotation de la cassette pour pouvoir réaliser la forme désirée.
Une charte DMX variable selon les marques
Parmi les constructeurs, il existe deux écoles sur la façon de structurer la charte DMX des couteaux. La première va distinguer les deux moteurs de chaque lame, chaque canal n’en actionnant qu’un seul. Il faudra alors manipuler les deux à la fois pour entrer le couteau droit dans le faisceau. Bien sûr, la rotation se fera en manipulant plus ou moins l’un des moteurs.
La seconde définit un canal qui va pousser les deux côtés à la fois, et un deuxième pour la rotation. C’est la manière la plus intuitive au premier abord, mais tout n’étant ensuite qu’une question d’interprétation de la charte et de manipulation des paramètres par la console, aucun des deux systèmes n’est supérieur à l’autre.
Et les constructeurs proposent également souvent un canal de macros, effets pré-enregistrés réalisables à l’aide des couteaux. Ici, les machines qui peuvent fermer intégralement le faisceau avec chaque lame sont avantagées car les effets sont plus spectaculaires. C’est un paramètre souvent ignoré des asservis, mais qui peut faire des merveilles quand il est bien utilisé.










