La diffusion immersive

La diffusion immersive

La diffusion immersive

novembre 2018 | Tutoriel Son

Un article d'Eric Moutot

Dessine moi un hologramme sonore

Bien avant que les images perçues ne prennent pour eux un sens, les nourrissons découvrent le monde par le son. Leurs mouvements de tête sont très tôt influencés par la provenance de ces stimuli. Depuis les origines de notre vie, notre cerveau, associé à nos oreilles, fonctionne comme une vigie à l’affût du paysage sonore qui nous entoure. A l’instar de monsieur Jourdain chez Molière qui se trouvait fort aise de faire de la prose sans le savoir, chacun de nous pratique le son immersif depuis toujours. C’est sans doute le domaine dans lequel notre cerveau a le plus d’expérience, et la perception qu’il assure est active 24 h/24, que l’on soit éveillé ou endormi. En une année, nous aurons écouté 8 760 heures de son immersif. Avant même de commencer à lire cet article, vous voilà déjà spécialiste du domaine. La vie n’est-elle pas bien faite ?

DU SON NATUREL À SA REPRODUCTION

Pendant des millénaires, les Hommes se sont contentés d’entendre le son qui les entourait au naturel. Il y a eu, bien sûr, des révélations acoustiques, comme l’écho d’une montagne ou la réverbération d’une caverne. Et aussi des trouvailles formidables, comme celle « d’entendre la mer » en collant une oreille devant un coquillage, ou encore de pouvoir projeter sa voix en plaçant les mains en pavillon. Puis on a compris certaines notions d’acoustique et bâti des niches, résonateurs et autres réflecteurs dans les lieux de spectacle et de culte. Les siècles ont passé, jusqu’à la maîtrise de l’électricité. Le premier transducteur électrodynamique apparaît en 1861 et Graham Bell impose son téléphone en 1876. En 1877, C.H. Siemens dépose le premier brevet de haut-parleur à bobine mobile. La technologie de la sonorisation est née. Le champ des possibles se révèle alors immense, et tout reste à inventer.

LA LONGUE MARCHE TECHNOLOGIQUE

En ces époques pionnières, le format de diffusion est la monophonie. Les recherches sont principalement focalisées sur une exploitation de la reproduction du son pour les liaisons téléphoniques. On souhaite capter la voix d’un locuteur, source ponctuelle, que l’on reproduit à distance via un transducteur, à son tour source ponctuelle. La démarche est parfaitement logique. Comme dans les systèmes à pot de yaourt ou boîtes de conserve, un transducteur capte le son, un second le restitue. Seul change le mode de transmission des vibrations, qui devient électrique. La chaîne du son élémentaire est inventée. Dérivés de ces recherches, les systèmes de sonorisation des origines sont donc aussi mono. L’un des univers qui permettra, et permet à bien des égards encore aujourd’hui, de faire progresser la sonorisation, est le cinéma. Tout simplement car, comme le téléphone, il s’agit d’une industrie puissante pouvant faire fructifier les efforts de recherche. Dès les années 1930, le cinéma « parlant » se généralise. La diffusion est assurée par un système central de haut-parleurs, le canal C du futur LCR. Cette diffusion mono permet une bonne cohérence entre les images sonore et visuelle, où que soit placé le spectateur dans la salle.

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