La Filière – CFPTS – CFA SVA

La Filière – CFPTS – CFA SVA

La Filière – CFPTS – CFA SVA

septembre 2022Reportage Entreprise

Travailler ensemble, c’est réussir

À Bagnolet, La Filière abrite le CFPTS (Centre de Formation aux Techniques du Spectacle), implanté depuis 1974. Cet organisme de formation créé par les professionnels pour les professionnels maintient le cap sur la veille technologique, avec notamment une formation spécifique en réseaux scéniques. L’offre se veut complète, et propose de la formation continue avec le CFPTS, et le CFA SVA pour l’apprentissage. Lors de notre visite, nous sommes allés à la rencontre de Bruno Burtre, directeur général, accompagné de son équipe.
Une journée de mise en situation regroupait tous les stagiaires de chaque corps de métiers, tous
en exploitation sur un concert live.

SONO Mag : Bonjour Bruno, pouvez-vous nous présenter votre établissement ?

Bruno Burtre : Le CFPTS est un centre de formation historique puisqu’il a été créé en 1974, en même temps que l’Afdas. La filière intègre également le CFA SVA (spectacle vivant et audiovisuel). On s’appuie sur le CFPTS pour le spectacle vivant, et sur l’Ina – notre partenaire pédagogique – pour la partie audiovisuelle, domaine dans lequel il y a eu beaucoup d’évolutions techniques et technologiques ces dernières années. C’est aujourd’hui la même chose dans le spectacle vivant, avec les réseaux, les communications entre les systèmes, l’intégration du numérique dans toutes les parties des métiers, aussi bien en lumière qu’en son, en vidéo, ou encore dans la projection avec le mapping. Nous avons beaucoup travaillé sur le streaming et la captation, tout en nous concentrant sur l’accueil du public qui reste pour nous primordial. C’est ce qui nous différencie de l’audiovisuel. Alors que les éclairagistes avaient toujours tendance à faire des conceptions très tamisées, on se retrouve à faire de la captation et à adapter l’éclairage en fonction du public et de la caméra.

SONO Mag :Les nouvelles technologies demandent certainement d’adapter les formations existantes. Comment appréhendez-vous cela ?

B. B. : Oui, les contenus ont évolué. Les stagiaires voient les nouveaux systèmes de numérisation et on parle des réseaux. Ils rencontrent aussi les autres corps d’activité puisque la lumière collabore avec le son, la vidéo, ou encore le plateau. Il faut absolument que tout le monde puisse parler le même langage. Par conséquent, nous avons créé une formation de niveau licence spécialisée : Administrateur de réseau scénique (ARS), qui est un diplôme porté par l’université de Gustave-Eiffel. Les formateurs du CFPTS doivent impérativement avoir un pied dans le métier et au niveau du matériel, il y a des plans de renouvellement systématiques. On fait des partenariats, notamment avec l’Ina. Dernièrement, nous avons dispensé une formation sur les réseaux intercom, qui sont très utilisés dans l’audiovisuel depuis longtemps et que l’on retrouve de plus en plus dans l’événementiel. On ne voit plus un seul concert sans que les équipes ne communiquent via ces outils. Mais ce type de matériel coûte un bras et il y avait des systèmes Riedel qui étaient installés à l’Ina. Nous avons donc réalisé un module de formation chez eux, avec leurs moyens. Grâce à nos intervenants qui travaillent chez des prestataires, nous avons eu d’autres systèmes, prêtés par des partenaires. Par chance, certains font partie de notre conseil d’administration, qui est composé de beaucoup de sociétés événementielles.

En régie streaming, les apprentis ARS travaillent en équipe et sont tous en alternance dans les entreprises mentionnées. De g. à d. : Geoffrey Barbosa (Le Sax), Kévin Cazuguel (Théâtre National de la Colline), Alexandre Chapeland (GL Events Audiovisual), Jules Debroise (Novelty France), Justin Devinaz (Silence), Rémi Grillet (Dushow Nice), Gwenn Kerneur (Dushow), Jason Le Scour (SAF Magnum), Brice Lelievre (Sodexo Sports et Loisirs), Alice Lunardelli (Frequence), Arthur Pötel (Dushow), Olivier Zaramella (référent pédagogique de la licence ARS), Benjamin Rihouey (De Preference).

SONO Mag : Quels sont vos objectifs en tant que centre de formation professionnel ?

B. B. : Nous avons le statut d’association loi 1901, créé par les syndicats de la profession pour la profession. Le profit réalisé est réinjecté dans le matériel du centre de formation pour continuer à former avec un bon niveau de qualité. C’est notre raison d’être. L’idée n’est pas de fournir plus d’apprentis que le secteur ne peut en recevoir. Et on ne peut pas apprendre lorsqu’on est 40 derrière une console. Aujourd’hui, notre taux d’insertion est de 100 %. Le but n’est pas de former des gens qui vont rester sur le carreau. Parallèlement, il y a de gros besoins actuellement, avec une pénurie de techniciens un peu partout. Beaucoup de sociétés nous contactent, recherchant des techniciens et des apprentis. Tous ceux qui sortent du CFPTS trouvent du boulot, c’est valorisant et cela prouve que la formation est de qualité. En ce moment, il y a un réel engouement et certains sont même embauchés avant de sortir. Notre philosophie est de nous adapter à l’évolution technique mais on ne peut pas le faire sans avoir un équilibre financier. Il faut donc que certaines formations soient rentables pour pouvoir continuer à investir. C’est indispensable pour rester à la pointe de la technologie. Le but n’est pas de faire du profit, mais de faire vivre la maison. C’est la philosophie que je garde de mes prédécesseurs et c’est l’essence même de notre structure.

SONO Mag : Qu’est-ce qui vous différencie des autres centres de formation ?

B. B. : La planification des formations est un travail gigantesque. Ce sont presque 200 sessions à organiser dans le centre, en fonction des disponibilités des formateurs et de l’ingénierie pédagogique, tout en respectant l’ordre des modules. Cela donne ce que vous allez voir aujourd’hui, des apprentis qui suivent des sessions de fondamentaux dans différents domaines, et lors de mises en situation professionnelle. Tout a été planifié en même temps afin qu’ils aient une session de travail pratique en commun. Aujourd’hui, ils sont en situation d’exploitation sur un concert avec les administrateurs des réseaux scéniques qui font des captations, et qui ont relié toutes les salles entre elles. Le concert va être diffusé en direct alors que tous les régisseurs travaillent sur le projet. Il y a d’autres centres qui forment à ces métiers, mais chez nous, tous vont travailler ensemble à un moment donné.

Un article d'

Emily TUIL

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