La Scène de Bayssan

La Scène de Bayssan

La Scène de Bayssan

novembre 2021Reportage Lumière & Vidéo

Innovation et interconnexion

Concevoir un cahier des charges technique de deux salles de spectacle dont la programmation n’est pas encore définie, voilà le dilemme résolu par l’équipe de la Scène de Bayssan, près de Béziers. Car si l’audio numérique s’est démocratisé, le réseau lumière, les projecteurs à LED et les consoles pour asservis sont encore sous-utilisés dans certains milieux, comme le théâtre. Il faut pourtant jongler avec tous ces paramètres pour obtenir une salle capable d’accueillir tous types de productions.

Le département de l’Hérault, propriétaire du site de Bayssan, n’en est pas à son coup d’essai. Il a déjà conçu et exploité durant des années le domaine d’O, à Montpellier. La ville étant située à l’est du département, il fallait une offre culturelle supplémentaire à l’ouest. C’est aux abords de Béziers, sur le site du domaine de Bayssan, que le conseil départemental décide d’installer, en 2006, un chapiteau. L’essai sera transformé, car la structure perdurera treize ans, avec une programmation principalement axée sur le théâtre.

Si quelques investissements de matériel sont réalisés au fil des années – les gradins sont remplacés, un gril fixe est posé –, la structure reste de la toile, un espace dur à chauffer et souffrant de nuisances sonores. En 2015, la loi Notre est venue rebattre les cartes, imposant un transfert de compétences, avec pour conséquence l’octroi de la gestion du domaine d’O à la métropole montpelliéraine. Il a donc été décidé, en 2017, de créer une structure pérenne sur le domaine de Bayssan, projet qui s’est concrétisé avec l’amphithéâtre semi-ouvert Claude-Nougaro pour l’été, et le théâtre Michel-Galabru, exploitable toute l’année.

Désormais, la Scène de Bayssan est gérée par un établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) et répond à la dénomination « arts, culture et loisirs ». Outre les deux nouveaux équipements, un restaurant, un kiosque, une cour, une chapelle désacralisée et une pelouse seront utilisés par les programmateurs pour remplir l’offre culturelle du lieu. Le loisir est également de la partie, d’où des activités supplémentaires sur place, avec des aires de jeux, des parcours sportifs, mais aussi la tenue régulière de résidences d’artistes. D’autres projets sont également en cours d’étude dans la même zone.

Une offre énorme, pour laquelle les équipes techniques auront fort à faire. Nous en revenons donc à notre point de départ. Dans quelle direction orienter la technique scénique afin de combler ce besoin de polyvalence ?

Pour répondre à cette question, nous avons rencontré Christophe Robin, directeur technique, Matthieu Velut, régisseur général, Alexandre Pastor, régisseur son et vidéo, et Jean-Marc Farré, régisseur lumière.

Après ce résumé historique du lieu, nous évoquons avec Christophe Robin la façon dont s’est passée la création du cahier des charges.

Christophe Robin : Au début du projet, nous n’étions que deux permanents, Matthieu et moi. Puis sont arrivés Alexandre et Jean-Marc, qui nous ont aidé à peaufiner la configuration que nous souhaitions. Structurellement, nous avons décidé d’abandonner le gril mobile, qui causait de gros soucis opérationnels, car il fallait refaire le calage système après chaque descente. Nous sommes donc maintenant sur des ponts de 500 indépendants, ce qui satisfait tout le monde. Au niveau lumière, nous proposons les technologies trad et LEDs. Nous disposons d’un parc d’éclairage traditionnel hérité des dix ans d’exploitation du chapiteau et, comme tout le monde n’est pas encore prêt à passer aux nouvelles technologies, nous ne souhaitions pas forcer une transition brutale. Nous avons donc des gradateurs et du direct en grande quantité, ce qui permet d’accueillir tous types de spectacles.

Un article de

alexandre roy

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