L’alimentation fantôme P48, contrôle et mesures

L’alimentation fantôme P48, contrôle et mesures

L’alimentation fantôme P48, contrôle et mesures

avril 2020Tutoriel Son

Nous ne reviendrons pas ici sur la nécessité de relier les micros avec des câbles symétriques. Pour des raisons de réjection des perturbations électromagnétiques d’une part, particulièrement sur longue distance, mais également car seule une liaison symétrique peut acheminer aux micros statiques et aux DI actives l’alimentation dont ils ont besoin. Cette alimentation fantôme qui fournit l’énergie nécessaire à leurs circuits électroniques.

Mais qui se préoccupe vraiment de vérifier que ses alimentations fantôme sont conformes ? Et pourtant, ce sont elles qui fournissent aux micros statiques l’énergie qui leur permettra de fonctionner. Et bien plus que cela, de la tension de l’alimentation fantôme va directement dépendre la plage de dynamique disponible en sortie.

Les caractéristiques des micros sont données par les fabricants pour une alimentation de 48 V +/- 4 V, soit entre 44 et 52 V, capable de délivrer jusqu’à 10 mA. C’est dans la norme NF EN 61938, régissant l’alimentation P48 (il existe la P24 et la P12, mais elles tombent en désuétude). De multiples raisons peuvent conduire à retrouver aux bornes du micro des tensions bien plus faibles que les 48 V requis, ou déséquilibrées. Avant tout, une bonne alimentation fantôme est chère à fabriquer, car les composants doivent être d’une tolérance faible. Et certains fabricants négligent cette partie de l’électronique qui n’apporte pas de plus-value marketing. Autre cas, certains micros consomment beaucoup. Une alimentation fantôme de conception faiblarde verra sa tension s’écrouler en charge.

On peut aussi souligner la perte de tension en ligne qui se détermine par le produit de l’intensité et de la résistance cumulée du câble, qui peut être considérable avec les grandes longueurs, un multipaire en festival par exemple. Si la tension d’alimentation est un peu juste au niveau du préampli, il risque de ne pas en rester suffi samment au niveau du micro pour un fonctionnement conforme. Ces quelques exemples montrent qu’au-delà du choix du micro adapté, se préoccuper de l’énergie qui va le faire fonctionner a un réel sens.

TESTER OU MESURER SES ALIMENTATIONS FANTÔME ?

On peut imaginer de multiples façons de s’assurer de la présence de la tension fantôme. Un simple voltmètre branché alternativement entre la masse et le point chaud, puis la masse et le point froid de l’entrée du préampli micro va donner la réponse. Mais il faut bien reconnaître d’une part que le travail risque d’être un peu laborieux, et d’autre part que le paramètre du courant consommé par le micro n’est pas pris en compte, ce que relativise beaucoup l’intérêt de la mesure.

TESTEUR DE POCHE

Il existe sur le marché divers testeurs de fantômes. Nous avons, au laboratoire de SONO Mag, fabriqué une version qui nous semble un excellent compromis simplicité/effi cacité. Notre circuit délivre plusieurs informations, tout en étant intégrable dans une XLR mâle standard. A noter que notre bidule peut servir de testeur de continuité si on branche un câble à un préampli avec alim fantôme d’un bout et à notre testeur de l’autre. Comment ça marche ? Sur le schéma ci-dessous, la tension de la Zener Z1 est de 18 V, celle de Z2 24 V, en 1,3 W. Le total de 42 V s’additionne aux FCEM de L1 pour donner un seuil proche de 44 V, minimum de la tension fantôme. La LED tricolore L1 s’allume en orange lorsque les deux tensions fantôme sont présentes, en rouge ou en vert s’il en manque une, pas du tout s’il manque les deux. Le circuit consomme environ 10 mA, ce qui nous place dans les conditions de la norme.

Les LEDs L2 et L3 peuvent être ajoutées pour mettre en évidence une diff érence d’au moins 2 V entre les tensions présentes sur les broches 2 et 3, ce qui est à éviter pour ne pas endommager certains micros, dynamiques sans transfo par exemple. Notre testeur n’indique pas si l’alim fantôme dépasse 52 V, mais ce cas de fi gure est rarement rencontré.

MESURER L’ALIM EN CONDITIONS RÉELLES

Notre testeur de terrain permet de contrôler facilement la présence d’une alimentation convenable en entrée du micro, mais sans donner sa valeur.
Et l’environnement de test est quand même très simplifié. Nous allons décrire un autre circuit, toujours simple, qui permet cette fois de mesurer le comportement de l’alimentation fantôme en charge. Nous publions les éléments qui suivent en étroite collaboration avec la société Audio Précision, partenaire de longue date du laboratoire de SONO Mag.

 

Un article d'

Eric Moutot

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