Le Grand T de Nantes

Le Grand T de Nantes

Le Grand T de Nantes

mars 2019 | Reportage Son

Un article d'

Eric Moutot

L’audace de la différence

Le Grand T a été inauguré en 1983. Il emploie aujourd’hui 45 permanents dont 20 dans l’équipe technique, plus 15 intermittents équivalents temps pleins. Plus que vers la création, l’activité du lieu s’oriente sur la diffusion de spectacles. Après des années de bons et loyaux services, le système de sonorisation en place se devait d’être remplacé. L’ambition du projet : implanter une solution pertinente pour les 15 années à venir, et dont l’empreinte s’adapte aux contraintes artistiques.

A la manœuvre pour relever le défi, Patrick Morilleau, qui est depuis quatre ans le directeur technique adjoint du Grand T. Il nous accueille dans la magnifique salle de huit-cent-soixante-dix-neuf places où ont résonné en leur temps les voix de Jean Marais, Edwige Feuillère ou Anouk Aimée. La programmation reste aujourd’hui majoritairement théâtrale, mais la danse, le cirque ou la musique complètent le programme.

SONO Mag : Quand se décide-t-on à changer une diffusion installée ?

Patrick Morilleau : Le précédent système électroacoustique avait été implanté il y a seize ans. Le résultat en salle avait perdu de l’homogénéité, souffrait d’un point chaud au centre et de manques en périphérie. La solution de couverture des premiers rangs n’avait jamais été trouvée. Nous ajoutions bien des enceintes en bord de scène sur le plateau, mais neuf fois sur dix, la première chose que faisait le metteur en scène était de les supprimer. Nous avions donc identifié les problèmes à résoudre, restait à définir le cadre de ce que nous souhaitions. Pendant une année, nous avons mené une discussion ouverte avec quatre fabricants majeurs d’enceintes, pour nous permettre de mieux comprendre les choix qui s’offraient à nous avec des solutions technologiques modernes.

SONO Mag : L’offre est aujourd’hui vaste, comment déterminer la direction à prendre ?

Patrick Morilleau : Les propositions étaient en effet très diverses. Nous sommes allés jusqu’à évoquer les solutions de type WFS (synthèse de champ acoustique – nda), mais se posait le problème de l’accueil des compagnies, ce qui représente 90 % de notre activité. Les troupes arrivent avec un son stéréo, le standard encore aujourd’hui. Nous aurions dû en permanence réduire notre système WFS à une diffusion gauche/droite. Nous avons donc choisi de rester sur du « traditionnel », en line-array frontal, avec comme objectif d’obtenir un plan de diffusion évitant la localisation des sources hors cadre de scène.

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