Comment l’innovation devient révolution
À partir de quel critère une innovation se définit elle comme une révolution ? Est-ce son impact sur l’industrie, son ampleur à l’échelle mondiale, le génie à son origine ? Ou simplement est-ce parce qu’elle résout une problématique majeure ? Ce qui est sûr, c’est que le milieu de l’audiovisuel et du spectacle a connu de nombreuses révolutions, dont certaines datent de temps immémoriaux.
Nous ne remonterons pas ici jusqu’à la domestication du feu pour la maîtrise de la lumière ni aux architectures d’amphithéâtre pour la maîtrise du son ; nous nous contenterons des « révolutions modernes » qui sont apparues, pour la plupart, entre les années 1970 et aujourd’hui.
Bien sûr, cette sélection est non exhaustive. Il est certain que de nombreuses autres innovations vous sembleront légitimes pour occuper une place dans cet article.
Les premières innovations de l’éclairage sur scène
Débutons par le sujet de l’éclairage. Aux débuts du théâtre, l’éclairage scénique reposait sur des solutions simples telles que des bougies et des lampes à pétrole ou à gaz. À la fin du XIXe siècle, l’arrivée de l’électricité transforme progressivement les pratiques. Les lampes à incandescence permettent alors de produire une lumière plus fiable et, surtout, plus facilement contrôlable. Elles sont donc naturellement intégrées aux premiers projecteurs de scène et de poursuite.
Cette première révolution présente toutefois des inconvénients, comme une forte production de chaleur, une consommation énergétique élevée et une durée de vie réduite. Dans les années 1980 et 1990, les lampes halogènes viennent améliorer la situation. Plus lumineuses, plus blanches et capables de fonctionner à des températures élevées, elles deviennent rapidement une référence dans les salles de spectacle.
Mais malgré ces progrès, la chaleur dégagée et la consommation restent importantes. Une nouvelle technologie va alors progressivement s’imposer : la LED.
La révolution LED
Au début des années 2000, l’arrivée de la LED de puissance marque une rupture dans l’histoire de l’éclairage scénique. Jusqu’alors principalement utilisée pour les voyants, l’affichage ou le rétroéclairage, la diode électroluminescente commence à répondre aux exigences du spectacle vivant. En 2003, Ayrton lance l’Eyecolor, présenté comme le premier projecteur LED asservi professionnel disponible sur le marché. Cette évolution ne consiste plus seulement à remplacer une lampe :
elle transforme la conception même du projecteur.
La LED apporte rapidement des solutions aux problématiques rencontrées jusque-là, avec une consommation réduite et une durée de vie largement supérieure. Elle permet aussi un allumage instantané et la possibilité de contrôler électroniquement l’intensité et la couleur, avec l’intégration de plusieurs sources, à minima le RVB (rouge, vert, bleu) ou RGB en anglais, permettant de produire directement des couleurs sans recourir systématiquement à des filtres.









