Les liaisons audio PCM point à point #2

Les liaisons audio PCM point à point #2

Les liaisons audio PCM point à point #2

septembre 2021Tutoriel Son

2e partie : Le MADI

La première partie de notre dossier nous avait permis de mieux connaître les protocoles AES3, AES-3id, S/PDIF et ADAT, qui assurent le transfert entre une source et un récepteur de deux à huit canaux d’audio PCM, le format numérique haute définition sans dégradation du signal initial avec les fréquences d’échantillonnage et les quantifications usuelles dans notre univers audio professionnel. Nous allons maintenant entrerdans le détail d’un protocole permettant de véhiculer jusqu’à 64 canaux dans un seul tuyau, à savoir le MADI.

MADI,MULTICHANNEL AUDIO DIGITAL INTERFACE

Si l’on souhaite réaliser une liaison audio PCM point à point multicanal étendue et répondant à toutes les conditions d’exploitation professionnelles, le choix du MADI s’impose. Comme avec l’AES et ses déclinaisons, comme avec l’ADAT Optical Interface, il suffit de connecter une sortie MADI à une entrée appropriée et voici la liaison établie. En raison de sa mise en œuvre simple et de sa nature ouverte, le MADI est devenu la première norme de transport audio numérique multicanal professionnelle établie dans le monde, et rapidement adoptée par de nombreux fabricants. Présenté à Paris en 1988, le protocole MADI est défini dans la norme AES 10, initialement publiée en 1991 avec une implication des fabricants Neve, SSL, Sony et Mitsubishi. Son but était, comme pour l’AES3, de permettre une uniformisation des solutions de transfert des données audio. Son principe de multiplexage consiste à prendre deux échantillons 24 bits d’audio numérique et à les encoder au format AES3. On concatène ensuite 28 ou 32 de ces canaux AES3 pour les envoyer dans la liaison grande vitesse. Cela nous donne 56 ou 64 canaux PCM dans le même flux. La bande passante disponible en sus dans le MADI pour les données de contrôle est d’environ 1 Mb/s, ce qui laisse beaucoup d’espace pour intégrer des informations non audio, des commandes MIDI, par exemple.

Le flux des données numériques génère un débit sériel de 125 Mb/s et l’encodage est prévu en NRZI, comme le protocole ADAT Optical Interface.

LE RÉSEAU MADI

Volontairement taquin, cet intertitre devrait interpeller la plupart d’entre vous. En effet, le MADI ne peut pas être considéré comme un réseau audio. Ce protocole est une liaison point à point qui ne se comporte pas différemment qu’un simple câble audio, analogique ou numérique. Le MADI n’est ni plus ni moins qu’une transposition numérique encapsulée des bons vieux multipaires analogiques.

Le MADI ne possède pas les capacités étendues des configurations réseaux, comme la bidirectionnalité, la liberté de routing, la distribution unicast ou multicast… mais, en revanche, sa simplicité de mise en œuvre est enfantine, comme celle d’un multipaire cuivre.

LIAISON OPTIQUE, COAXIALE, CUIVRE OU PAIRES TORSADÉES ?

Le MADI est l’un des formats qui se décline dans la plus grande diversité de solutions de transfert. Toutes les formes de liaisons MADI véhiculent les mêmes informations avec la même qualité.

La norme MADI actuelle définit deux connecteurs possibles : le BNC 75 Ω et l’optique SC multimode. Alors que le connecteur BNC 75 Ω a été développé pour être robuste et adapté à une utilisation sur le terrain, la fiche optique SC, issue des baies de brassage et de la distribution informatique, n’est pas prévue pour être manipulée dans la rigueur des tournées. La fiche SC peut heureusement facilement être intégrée dans des connecteurs plus robustes.

Le connecteur SC est toujours considéré comme le port optique MADI par défaut. Conformément aux définitions de l’AES, la configuration d’un flux MADI en full duplex nécessite deux liaisons – une pour chaque direction de données.

Un article d'

Eric Moutot

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