Lewitt LCT 1040

Lewitt LCT 1040

Lewitt LCT 1040

mars 2022Test Son

Le micro ultime ?

Las de concevoir des produits jamais commercialisés pendant ses années passées chez AKG, Roman Perschon s’associe à un partenaire chinois, Ken Yang, pour fonder Lewitt en janvier 2010. Innovation et conception en Autriche, fabrication en Chine dans l’usine de la marque pour un contrôle qualité optimum : Lewitt un acteur majeur du marché mondial notamment sur le territoire chinois ! Après sept ans de recherches arrive le LCT 1040, dans la catégorie haut de gamme.

Il y a bien plus qu’un simple micro à condensateur dans l’imposante valise de transport qui, pleine, pèse 14 kg ! Le système complet comporte le microphone à tube et circuit FET, relié par un câble spécifique de 5 m à une alimentation de 2,4 kg surmontée d’une télécommande amovible de 1,9 kg. L’expression « construit comme un tank » n’a jamais été aussi adaptée ! La suspension créée pour recevoir le LCT 1040 semble sortie d’un film de robots géants avec ses formes anguleuses, son réseau complexe de huit élastiques (un jeu de secours est inclus) et ses bras en fibre de carbone. Les pinces de verrouillage inspirent confiance et un double anti-pop métallique aimanté vient se positionner devant la double capsule du micro qui reprend une conception classique, circulaire, d’un diamètre de 1’’. On remarque à travers la vitre sur l’avant du micro que la lampe d’origine JJ Electronic est maintenue en place par des pièces en fibre de carbone. C’est sans doute une première dans un microphone, et ce choix s’explique par les qualités isolantes du matériau sur le plan thermique, protégeant la partie électronique de la surchauffe. Sur le plan mécanique, la structure en fibre de carbone permet une optimisation des performances élastiques de la suspension.

De la vision au produit fini

La route est longue, surtout quand l’ambition est grande ! Or Lewitt ne voulait rien de moins que révolutionner les méthodes d’enregistrement, en partant du constat que les séances débutent généralement par une confrontation entre plusieurs microphones. Le but est toujours de trouver le plus adapté au timbre de voix de l’interprète ou à l’instrument, mais cette étape fastidieuse risque de couper l’artiste dans son élan et nuire à la fraîcheur de l’interprétation. Au-delà de la quête de la meilleure qualité sonore, l’idée jaillit de concevoir un microphone polyvalent qui serait le cœur du studio, télécommandé à distance tout en restant dans le domaine analogique.
Pas question ici de renoncer au son des circuits à transistors FET qui ont bâti la réputation de la marque ! Mais l’utilisation de la technologie à lampe s’est imposée pour ajouter un large éventail de possibilités sonores susceptibles de répondre à tous les styles musicaux, et pour les couvrir, le LCT 1040 propose donc quatre saveurs lampe : Clear, Warm, Dark, Saturated (clair, chaleureux, sombre, saturé).

Ces réglages sont l’aboutissement non seulement de sept ans d’essais de prototypes mélangeant différents types de lampes et de circuits avec des paramètres ajustables comme la tension de la plaque ou la température de la lampe, mais aussi d’écoutes en ligne auprès de la communauté d’utilisateurs. Des échantillons d’enregistrements de voix féminines, masculines et de guitare acoustique (neuf paires d’échantillons) ont été soumis à l’écoute trois fois de suite pour éliminer toute incertitude.
Les auditeurs pouvaient-ils identifier les caractéristiques des quatre types de son ? Où se situaient les préférences ? Plus de 2 500 réponses provenant de 77 pays ont été prises en compte à l’été 2019, provenant d’individus dont les 2/3 avaient plus de 10 années d’expérience.

Du prototype au produit de série

Suite aux retours de tests, les fréquences du filtre coupe-bas vont passer de 40/80/160 Hz à 40/80/120 et les atténuations de niveau de sortie nécessaires avec certains préamplis (le LCT 1040 étant généreux sur ce point) évoluer de -6/-12/-18 dB
à -6/-12/-24 dB. Les connecteurs entre le micro et son alimentation sont des Hirose HR10 dont le déverrouillage est aisé. Des gradations supplémentaires vont apparaître sur la télécommande pour retrouver plus précisément le dosage entre le circuit FET et la lampe ou la directivité.
On notera que les 1 397 éléments constitutifs du LCT 1040, sont tous originaux. Aucun ne provient d’autres produits de la marque ni ne sont des composants « génériques ». C’est une chance pour Lewitt d’être autonome pour la fabrication de chaque pièce. L’expérience du partenaire chinois qui fabriquait des microphones pour de nombreuses marques est ici un avantage.
La marque veut frapper les esprits et prouver sa légitimité par rapport aux acteurs historiques du secteur. L’objectif est-il atteint ?

Travaux pratiques

La malle de transport du LCT 1040 regorge d’accessoires utiles. En dehors du bloc alimentation secteur/télécommande détachable, on trouve le micro dans un compartiment amovible, la suspension qui, contrairement à celles d’autres modèles Lewitt, permet la rotation du micro si nécessaire, la double grille anti-pop très efficace, un câble secteur avec des connecteurs pour tous les pays, et une pince de fixation compacte.
Deux boîtes fixées par aimants au capot supérieur de la malle renferment le câble de raccordement du micro à son alimentation, une housse de rangement, les élastiques de rechange pour la suspension, un livret illustré de belles photos racontant la création du LCT 1040, un mode d’emploi, et même un carnet de « recall sheet » pour noter les réglages des différentes sessions, accompagné d’une carte de garantie 10 ans.
Malgré les possibilités, la mise en œuvre est intuitive. Une fois le micro raccordé à son alimentation et celle-ci mise en tension, les LEDs « power » et « microphone » s’allument, et lorsque la LED blanche « operational » cesse de clignoter, on est assuré que le LCT 1040 est prêt. Le boîtier d’alimentation propose deux sorties séparées utilisables simultanément. Une marquée « FET » reste sur l’électronique transistor, l’autre, « MIX », reflète le dosage effectué avec le gros bouton « Circuit » entre lampe et transistor. En restant à 100 % tube, on pourra donc mélanger après enregistrement les deux types de circuits, et même modifier le dosage en l’automatisant au mixage des deux pistes.
Par défaut, la télécommande est fixée sur le boîtier d’alimentation et alimentée par ce dernier. Une pression sur la touche à l’avant marquée LCT 1040 la libère et en la reliant par un classique câble symétrique XLR, on peut la déporter jusqu’à 150 m ! C’est évidemment assez génial de pouvoir contrôler numériquement tous les paramètres analogiques du micro dans les conditions d’écoute régie, ou d’avoir ces commandes à portée de main quand on est seul.
Au dos de la télécommande, un bouton rond permet par une pression longue de mettre en veille le système, et par une pression brève d’éteindre le logo Lewitt vert à l’arrière du micro ! Un point de détail qui sera apprécié par les vidéastes. À noter aussi, si l’on ne veut pas que la lampe soit face à l’interprète, on peut tourner de 180 degrés le LCT 1040 et grâce à l’interrupteur « default/reverse » sur la télécommande, faire que la face arrière soit désormais l’avant du microphone. Tous les cas d’utilisation ont été envisagés !

un article de

fabrice chantôme

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