L’héritier de l’illusion

mai 2021Reportage Corporate AV

La magie du spectacle

Le festival L’Héritier de l’illusion a été imaginé par la société de production S2A, spécialisée dans les spectacles associant diverses pratiques artistiques telles que le cirque, la danse, la magie et la musique. Fondateurs de S2A, Alexandre Laigneau et Vincent Angel sont eux-mêmes artistes magiciens de renom et membres de l’équipe de France de magie. Plus grand festival de la discipline en Ile-de-France, L’Héritier de l’illusion a fait l’objet d’un tournage multisite cette année. Nous avons assisté au concours final.

Comme il n’était pas possible de proposer en public les quatre soirées de concours, l’événement s’est déroulé cette année dans une configuration tournage, en vue de réaliser un programme d’une durée d’environ 1 h 15. Il a été diffusé sur les plateformes YouTube, Facebook et Twitch le dimanche 11 avril, à 15 h. La captation s’est déroulée sur deux lieux : d’une part, un plateau sur le site du studio Le 25, à Bièvres (Essonne), et, d’autre part, dans la salle qui accueille habituellement le festival, à Ablis (Yvelines). Sept numéros ont été sélectionnés pour la finale, parmi 30 propositions.

Le tournage de la phase de présentation des candidats a eu lieu en réalité virtuelle au studio Le 25. Dans cet article, nous nous focalisons sur le festival lui-même, tourné au centre culturel L’Etincelle, inauguré en 2018, qui dispose d’une jolie salle de 340 places.

UNE SCÉNOGRAPHIE ADAPTÉE

Nous retrouvons sur place Arthur Oudin, qui, avec Michaël Armand et les équipes de leur structure RayFlection, sont en charge de la lumière de l’événement.

Nous connaissons Arthur dans les colonnes de SONO Mag en tant que « lighteux » de spectacle, mais il dispose aussi d’une bonne expérience d’éclairage de plateau.

SONO Mag : Arthur, tu endosses ici le rôle de directeur photo. En quoi la lumière destinée à un plateau de tour-nage est-elle différente de celle d’un pur spectacle ?

Arthur Oudin : Mon rôle de directeur photo est, dans un premier temps, d’assurer aux artistes qu’ils sont bien dans la lumière souhaitée. C’est un spectacle de magie, et il ne faut pas dévoiler ce qui doit rester secret. Du fait de la captation par les caméras, il me faut éclairer en face afin de permettre une image vidéo de qualité. Une partie de mon travail a notamment consisté à expliquer avec diplomatie aux artistes que j’avais besoin de recourir à des poursuites, pour réaliser cette « vraie » face. Les éclairages à contre peuvent certes être très graphiques et élégants, mais on ne peut pas les utiliser longtemps en vidéo. L’œil tolère beaucoup de contraste, les caméras beaucoup moins. Et le noir à l’image, c’est comme le silence à la radio, moins il y en a, mieux c’est. Dans mon travail de design, je pars d’ailleurs toujours du principe que le spectacle doit être potentiellement filmable. Je déteste les faces mal réglées, par négligence, qui font que l’on ne distingue pas les artistes. Si le design lumière fonctionne pour les caméras, ce sera d’autant plus confortable à l’œil.

SONO Mag : Peux-tu nous détailler ton travail de design lumière pour ce tournage ?

Arthur Oudin : Il me faut imaginer l’éclairage correspondant à chacun des axes des cinq caméras, dont deux sur tourelle. Il faut veiller à ne pas oublier les fonds de plan de chacune des caméras.

Ce qui compte pour nous est ce que l’on voit sur nos écrans de contrôle, pas ce que l’on perçoit en direct de la scène. Nous avons déployé 120 luminaires pour ce tournage, comptant des références très modernes, mais aussi de vénérables machines, que nous adorons pour leur typicité.

La priorité est d’être attentif à la face, que l’on doit vraiment éclairer. J’ai neuf BMFL Blade dédiés à cela, plus deux poursuites manuelles qui suivent les artistes sur scène. Il faut aussi traiter les fonds de plans, pour éviter que l’on ne voie à l’image des détails de machinerie, par exemple. J’ai choisi de le faire avec des Sunstrip et des Mini-B. Des caméras captent la scène, sous différents angles, mais aussi le contrechamp, qui correspond à ce que voit le jury. Derrière le jury, nous avons placé un rideau étoilé pour éviter d’être sur un fond de sièges vides. Et j’ai placé deux rangées de Starway Aperta de part et d’autre du gradin pour habiller l’espace au-dessus du rideau étoilé.

Un article d'

Eric Moutot