« Petite Terre »

« Petite Terre »

« Petite Terre »

septembre 2020Reportage Son

Un making-of chaotique mais qui finit bien

Commencé en Bretagne et poursuivi à Lille, « Petite Terre », le septième album du collectif HK (ex-HK et Les Saltimbanks) a été finalisé en plein confinement pour pouvoir sortir mi-septembre. Il sera propulsé, si les circonstances sanitaires le permettent, par une tournée d’automne.

HK et Les Saltimbanks est un groupe français de musique populaire originaire de la métropole lilloise et fondé en 2009 par Kaddour Hadadi, chanteur et compositeur. Son style musical, bien que porté sur le blues, le chaâbi ou encore le reggae, se rapproche plus d’un hip-hop festif car, même lorsqu’il porte un message humanitaire ou contestataire, il le fait avec des musiques joyeuses, comme l’illustre la chanson « Ce soir nous irons au bal », écrite après les attentats du Bataclan.

GARDER LE MORAL

Le confinement leur est tombé des-sus alors que le groupe travaillait avec leur ingé son Andy Robbins, à Lille. Au préalable, les bases orchestre avaient été posées en Bretagne au studio de La Chouette, un lieu de travail résiden-tiel créé par Guizmo, du groupe Tryo. « Quand on a vu que la crise était partie pour durer, on a décidé de finir l’album à la maison, avec les moyens du bord. Mais la technique n’est pas tout. Après une période formidable pendant laquelle on travaillait en résidence, dans des lieux où ne passaient que des ondes positives, on s’est retrouvés pour certains confinés dans de petits espaces, où faire des overdubs n’était pas toujours facile », m’avait confié Kaddour début mai. « Jouer ou faire un album, c’est être ensemble, se parler et communier dans un endroit où on se sent bien », avait-il ajouté.C’est donc à distance que les enregis-trements ont continué, de même que les mixages et le mastering. Pour un groupe scénique et très visuel, la mise en sus-pens de tous les concerts leur portait un sale coup, et c’est dans le travail que les musiciens se sont réfugiés.

ARTISANS DE LA MUSIQUE

Les rôles techniques se pratiquent en binôme entre Andy, qui assure les cap-tations et les mixages, et le musicien producteur – au sens artistique du terme – Meddhi Ziouche, pour le montage.Depuis les deux derniers albums, Kaddour a un peu changé de méthode par rapport aux disques précédents : il arrive en studio avec la thématique des chansons, parfois la mélodie du refrain, puis le morceau se construit avec le groupe, qui apporte l’énergie qui va le conditionner dans cette forme d’écriture collective. Et si le nom du groupe s’est simplifié en HK, c’est toujours la même famille musicale, comme le précise Kaddour : « Nous souhaitons conserver l’esprit du live dans les albums studio, car le son des disques doit rester fidèle à ce qu’on présente sur scène. Dans les arrangements, il est important de conser-ver une base rythmique qui nous entraîne avec des instruments dynamiques, comme l’accordéon, le mandole et, depuis peu, la trompette. Puis on habille le tout avec des chœurs et de petites percussions. Nous revendiquons l’étiquette d’artisans de la musique car nous créons tout de façon artisanale, au sens noble du terme, c’est-à-dire en prenant le temps de peaufiner, et que chaque musicien signe l’album à part égale. »

Dans un monde où le disque s’écroule, Kaddour s’étonne un peu de vendre toujours le même nombre d’albums, soit 10 000 unités sur un an la première année. L’album Citoyen du monde, qui comprenait la chanson « On lâche rien », a continué à se vendre chaque année, comme le confirme le distributeur Pias. Il faut dire que le public et les tensions sociales de fin 2018 en ont assuré la promo ! Et puis il y a les clips vidéo : pendant le confinement, les deux clips qui passaient sur YouTube ont totalisé 100 000 vues chacun. Le groupe est suivi de façon assidue par un groupe de 70 000 personnes.

ANDY ROBBINS

Avec HK et les Déserteurs, aux sonorités plus orientales, ou HK et Les Saltim-banks, le moteur scénique avec lequel Kaddour sillonne la France depuis une bonne dizaine d’années, Andy vivait sa vie de technicien, effectuant de temps à autre des remplacements à la sono. Il y a cinq ans, l’ingé en titre décide de retrouver un peu de vie de famille, et c’est de manière toute naturelle que la passation s’est opérée, Andy deve-nant officiellement le « sound man » du groupe, à la scène et au studio. Au cours d’une tournée qui passait par Montréal, il fut décidé de mettre en boîte le spectacle pour sortir un album live, qu’Andy eut, selon ses propres mots, « l’honneur de capter et mixer ».Andy a installé son studio au rez-de-chaussée de sa maison lilloise, où l’en-combrement des objets qu’il a accumulés, associés à une « géométrie accidentée », confère au lieu une acoustique suffisante pour réaliser des enregistrements conve-nables. Le son « respire » et les réflexions indésirables se tiennent tranquilles. Le câblage entre le rez-de-chaussée et le premier étage lui permet d’utiliser son bureau/atelier en régie. Andy n’ayant pas forcément les besoins techniques de s’équiper d’un puissant logiciel, il a choisi Reaper pour sa station de travail, dont il ne cessera de me chanter les louanges au cours de notre conversa-tion. Côté monitoring, il a une paire de Genelec 8040 associées à un sub de la même famille, tandis que pour les petites écoutes, il s’appuie sur une paire de d’Auratone, qui ne l’ont jamais lâché. Le monitoring est géré par une Central Station de Presonus et la conversion A/N N/A, assurée par une carte RME Raydat 32 E/32 S. Côté microphones, Andy se contente de ce qu’il a : un micro statique à tube et large membrane Studio Pro-jects TB1 et quelques micros de chez SE Electronics. Il s’est récemment aventuré dans la gamme Aston, avec deux Aston modèle Spirit, des micros statiques à transistors et trois directivités (omni/figure-de-huit/cardio).

un article de 

gisèle clark

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