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Eurovision 2026

par | 10 Juil 2026

Spectera et Arri en direct

Se déroulant pour sa 70e édition dans la Wiener Stadthalle de Vienne, en Autriche, le concours de l’Eurovision 2026 a été l’occasion, pour deux de ses partenaires techniques historiques et majeurs, de faire franchir un nouveau cap technico artistique à l’événement. Sennheiser a déployé l’écosystème Spectera et Riedel les caméras Arri Live. Nous avons fait le voyage pour en savoir plus.

Le concours de l’Eurovision est considéré comme le spectacle musical le plus imposant du monde. En termes de technique, on y déploie plus de 80 switchs réseau, 13 km de fibre optique et 38 km de câbles divers. Chaque seconde, ce sont 4,2 Terabytes de données qui circulent dans le système. Côté lumière, plus de 3 000 projecteurs sont installés, 1,4 km de ruban LED. 80 asservis évoluent sur winchs et 28 000 pixels sont individuellement contrôlés.

En écrans vidéo, 50 millions de pixels sont alimentés par huit media servers et 16 contrôleurs LED 8K.

Côtés effets, presque 200 machines diverses et 45 dispositifs pyrotechniques sont implantés. Plus de 250 bonbonnes de CO2 ont été utilisées.

Finissons cette liste à la Prévert avec les 250 personnes intervenant pour le broadcast et les 175 pour l’aspect scénique. La durée totale de la production sur site est de 60 jours, dont une semaine entière de concours jusqu’à la victoire de la chanteuse bulgare Dara cette année. La française Monroe finissant à la onzième place.

Spectera Sennheiser

Le fabricant allemand est un partenaire historique de l’Eurovision. Mais cette année 2026 est spéciale. En effet, Sennheiser a dévoilé Spectera, une plateforme de liaisons HF numériques bidirectionnelles, capable de gérer dans une seule unité de rack jusqu’à 64 canaux (32 I/0) suivant le protocole WMAS, qui utilise une seule porteuse large bande de 6 à 8 MHz. Si le dispositif avait déjà été utilisé à l’état de prototype sur la scène du dernier Super Bowl, c’est ici la première fois qu’il l’est avec un nombre de liaisons important. Nous avons échangé à Vienne avec Sebastian Georgi et Jan Watermann, qui ont supervisé le développement de Spectera.

© Adrian Almasan | www.adrianalmasan.com
Sebastian Georgi et Jan Watermann ont dirigé chez Sennheiser le développement de Spectera.


Sebastian Georgi : Nos recherches ont commencé à partir de 2013 avec différents tests, qui ont mené au POC, le « proof au concept », qui valide que l’idée peut devenir une réalité technologique. Le travail a continué ensuite avec divers prototypes et tests montrant que la solution pourrait présenter un facteur de forme compatible avec l’exploitation, et en ce qui concerne l’autonomie en énergie par exemple. Le modèle de démonstration réalisé, nous avons entamé en parallèle les démarches auprès des autorités pour montrer que le dispositif respectait les normes en vigueur. Ce sont des dossiers à réaliser pays par pays, chacun ayant ses propres normes. C’est très contraignant, et d’autant plus dans un environnement où les plages de fréquences disponibles sont sans cesse rognées par divers opérateurs, par exemple l’armée en Allemagne récemment. C’est un peu David contre Goliath tant le milieu du spectacle est un petit univers économique. Chez Sennheiser, nous disposons d’un service dédié à ces démarches, qui se bat toute l’année pour préserver la possibilité d’utiliser des liaisons RF.

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