Runny Noise

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Runny Noise

novembre 2022Reportage Son

Voyage sonore immersif

Rarement le nom d’un groupe n’a aussi bien porté son nom.
Runny Noise, le bruit qui court, exprime le projet de cette troupe réunissant compositeurs, artistes graphiques et visuels, scénographes et réalisateurs, dans une démarche liant son, musique et invitation au voyage. Le spectacle sonore immersif joué au Gueulard Plus, la Smac de Nilvange, représente une étape clé de la démarche. Direction la Moselle, donc, pour aller à la rencontre l’équipe avant qu’elle ne reprenne la route.

C’est Romain Muller qui nous a conviés à ce spectacle clôturant une semaine de résidence. Romain a toujours été passionné de musique, et bien plus attiré par les consoles de mixage que par le fait de monter sur scène. Chaque jour, Romain capte matière sonore et idées sous la forme de lignes mélodiques à la voix, au violoncelle… ou en Midi via des claviers. Résultats, des formes inattendues telles que ces mesures à 13 temps qu’il a présentées sans s’être posé la question de la métrique. Pour Runny Noise, le complice de production, composition et réalisation de Romain s’appelle J.-B. Juszczak. On le retrouve sur scène au sax, à la flûte, à la guitare et au chant. Mais l’ensemble du groupe collabore pour agglomérer les idées de tous ses membres et constituer albums et spectacles.

SONO : peux-tu nous décrire la solution de diffusion que tu utilises ?
Romain Muller : Le spectacle est écrit et réalisé pour une diffusion immersive, mais nous avons dès l’origine tenu à ce qu’il soit jouable dans une grande diversité de lieux. Nous utilisons donc le matériel de diffusion dont dispose la salle pour obtenir un système principal gauche droite et une couronne surround. Dans les kits d’accueil, il y a généralement une brochette de retours, ce sont eux que nous utilisons pour notre immersion. Nous apportons les pieds si nécessaire, et les accessoires pour incliner les enceintes. Et nous plaçons des enceintes en nez de scène, pour boucler la couronne.
Notre kit a été conçu pour ne pas nécessiter de transport lourd ni beaucoup de temps d’installation. Dans la majorité des cas, l’équipe arrive dans la salle le matin à 9 h pour jouer le soir. L’idée est d’apporter le son surround dans des salles de musiques actuelles de toutes dimensions sans avoir besoin de moyens démesurés.

De gauche à droite : Phillip Klawitter, Valentin Hamiche, Loïc Hollender, Adeline Dillenseger, Romain Muller, Chloé Simonin, Lucas Leclerc et J.-B. Juszczak.

Sono : Quelle est ta procédure d’alignement du système ?
R. M. : Après avoir contrôlé que mon patch est bon, je diffuse du bruit rose sur différentes combinaisons de paires d’enceintes. Cela me permet de contrôler l’homogénéité de la signature sonore et des polarités. Je diffuse ensuite des sweeps qui me servent à détecter divers défauts. Ici par exemple, une vis manquait dans une enceinte, et cela induisait une résonance.
Lorsqu’il y a dans le setup différentes générations d’enceintes ou de processeurs, je mesure au micro les délais pour compenser ces différences dans les bus de sortie de ma console. J’entre ensuite les positions des enceintes dans le Spat et passe mes titres de référence sur différentes combinaisons d’enceintes. À chaque date, la disposition des enceintes change, et il ne faut pas hésiter à ajuster les paramètres de l’algorithme pour retrouver son projet. La fonction « automatique » de recalibrage n’est pas si transparente que cela.
Les dernières écoutes que je réalise avant de diffuser le virtual soundcheck de Runny Noise sont des extractions de SACD, Blue-ray et DVD. Des productions fantastiques des Pink Floyd, de Björk ou du Buena Vista Social Club, que j’ai « rematricées » pour coller à mes diverses configurations, en intégrant le canal LFE dans le gauche-droite par exemple, lorsque j’utilise une diffusion pleine bande. Quand nous avons du temps, il n’est pas rare de faire durer longtemps la période d’écoute de ces titres, juste pour le plaisir.

Sono :  Que te permet le Spat, que tu as intégré récemment dans ton setup ?
R. M. : Une restitution beaucoup plus cohérente en tous points dans la salle, et avec une sensation « live » beaucoup plus réaliste. Sans doute que la WFS y est pour beaucoup.
Dans le Spat, j’utilise une room en WFS et une en VBAP. J’utilise principalement le VBAP pour les objets sonores mono en mouvement, et la WFS pour spatialiser des ambiances en multicanal, ou de la matière sonore moins mobile. La WFS donne un résultat plus cohérent en termes de phase que le VBAP, quelle que soit la zone où sont placés les objets. Le VBAP est plus performant au niveau de l’impact sonore, et surtout, permet de déplacer des sons ponctuels en temps réel sans artefact. La fonction spread du VBAP est aussi intéressante pour me permettre d’intégrer des effets stéréo. Alors qu’en WFS, je ressens un point chaud, le spread me permet une répartition très large et naturelle, dans toute la salle.

Un article d'

Eric Moutot

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