Sécurité au plateau, les EPI

par | 10 Juil 2024 | Divers, n°501

Épisode 3 : les chaussures de sécurité

Dans les précédents épisodes de cette série de tutos, nous avons protégé nos mains et notre tête. Intéressons-nous maintenant à nos pieds, dont les blessures représentent 7 % des accidents du travail. En particulier par la chute d’objets lourds sur l’avant du pied et les orteils. Équipées pour la plupart d’une coque métallique et d’une semelle anti-perforations, ces chaussures sont obligatoires pour certaines activités professionnelles, et fortement recommandées dès que l’on manipule des objets pesants.

De nature électrique, chimique, mécanique ou thermique, les risques pouvant induire des blessures aux pieds sont nombreux. Dans le milieu du spectacle, on rencontrera majoritairement des situations liées à un écrasement du pied par un objet lourd tel qu’un flight case, ou en impact via la chute d’un élément de la scénographie comme un projecteur, une enceinte ou un élément de structure par exemple.

Les chaussures de sécurité sont les EPI conçus pour protéger les pieds, et parfois les chevilles et les mollets, des divers risques découlant des exigences de chaque métier. Deux grandes catégories d’accidents peuvent intervenir en ce qui concerne les blessures aux pieds : les traumatismes dus aux perforations, écrasements ou lacérations et les blessures survenant à la suite de glissades, faux mouvements, chutes ou sollicitations excessives dues au port de chaussures inadaptées.

Les risques auxquels sont soumis l’utilisateur varient en fonction de l’environnement du travail et des tâches qu’il doit effectuer.
En fonction des risques auxquels les pieds des utilisateurs sont soumis, on distingue trois catégories d’EPI :

  • les chaussures de sécurité,
  • les chaussures de protection,
  • les chaussures de travail.

Chaussures de sécurité : la norme EN 345

Pour répondre à la norme EN 345, ou EN ISO 20345:2004 dite « S », la paire est équipée d’embouts protecteurs contre les chocs d’un niveau d’énergie de 200 joules (soit une charge de 20 kg tombant d’un mètre) et aux écrasements statiques de 1 500 kg.

Cette norme possède six catégories de protection, de S1 à S5, chacune regroupant un certain nombre de critères :
S1 = A + FO + E
S1P = A + FO + E + P
S2 = A + FO + E + WRU
S3 = A + FO + E + WRU + P
S4 = A+ FO + E + résistance à l’eau
S5 = A + FO + E + P + résistance à l’eau

Sachant que les critères sont ainsi définis :
A : antistatique
E : absorption du choc dans la zone du talon
FO : semelle résistante aux hydrocarbures
P : semelle en acier anti-perforation
HRO : semelle de contact résistante à la chaleur
CI : isolation au froid
HI : isolation à la chaleur
WR : hydrofuge
WRU : tige hydrofuge
M : protection métatarsienne
CR : avec tige qui résiste à la coupure

Pour décoder un exemple, considérons des chaussures de sécurité de type S1P. Elles répondent aux critères S, P, A, FO et E. S indique qu’elles sont équipées de coques résistantes à un choc de 200 joules et à 1 500 kg d’écrasement. Elles sont également munies de semelles anti-perforation (P). De plus, elles sont antistatiques (A), leurs semelles sont résistantes aux hydrocarbures (FO) et elles absorbent les chocs dans la zone du talon (E).

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