sonomag

Technologies de transmission vidéo #10

par | 9 Sep 2026

EP 10 : Les murs à LED

Sur les scènes de concerts comme dans l’événementiel, les murs à LED sont devenus des acteurs incontournables. Derrière ces écrans géants se cachent un processing de pointe, des technologies IT, et leur mise en place nécessite l’expertise d’un tech LED. Dans cet épisode, nous allons en expliquer le workflow et présenter les équipements et technologies associés.

Une technologie à part

La technologie LED se distingue principalement des autres technologies (LCD, plasma, OLED..) par sa modularité. L’écran à LED n’est pas dépendant d’une matrice fixée en usine mais se compose de dalles juxtaposables sans bordures (bezel), permettant des tailles d’écran immenses et des formats créatifs : bandeaux, voûtes, sols, angles … Aussi, la LED s’affranchit-elle d’une source de lumière globale comme le rétroéclairage de la dalle LCD ou la lampe de vidéoprojection. En LED, chaque pixel est sa propre source de lumière, avec pour bénéfice des noirs parfaits puisqu’une LED éteinte produit un pixel parfaitement noir. Enfin, les LEDs atteignent des luminosités sans commune mesure (10 000 nits) là ou un LCD va plafonner à 1 000 nits. La combinaison noir profond + luminosité permet d’obtenir des contrastes énormes et des images qui « claquent ».
La modularité des dalles permet un transport et une maintenance plus faciles. Aussi, les records de finesse de pitchs sont battus chaque année et descendent aujourd’hui en-dessous du millimètre. Avec un pitch d’un millimètre, on obtient un écran full HD de 1,9 m de large (1 920 pixels).

De la source au processeur LED

Étudions maintenant le workflow d’un mur à LED. Tout commence avec la source vidéo : dans les cas du spectacle et de l’événementiel il s’agit souvent de mediaserveurs pro : des stations de travail ultra puissantes (Disguise, Pixera, Resolume, Green Hippo…) capables de lire des flux très haute résolution (4K, 8K ou plus), de gérer plusieurs écrans et la synchro son/image. Les flux vidéo sont d’abord envoyés vers un contrôleur LED par des liaisons standard comme le HDMI 2.0, Display Port 1.4. SDI ou, de plus en plus, le ST 2110 (voir les épisodes précédents).
Le contrôleur LED, aussi appelé « processeur LED », va remplir principalement trois fonctions :

  • Le recadrage (scaling et crop) : comme un mur à LED a rarement un format standard full HD 1 920 x 1 080 d’aspect 16:9, le contenu vidéo devra être redimensionné et redécoupé pour matcher avec la résolution et l’aspect de l’écran.
  • La distribution : le contrôleur transforme le signal vidéo global en un ou plusieurs flux de données propriétaires, qui seront distribués par zones d’écrans.
  • La calibration/pro cessing : des algorithmes sont appliqués pour uniformiser la colorimétrie et la luminosité de chaque LED, mais peuvent aussi proposer des traitements d’image poussés :
    gestion du HDR, amélioration des couleurs et des contrastes, ajustement du taux de rafraîchissement pour se synchroniser avec la vitesse d’ouverture des caméras (shutter)…

Loading...