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Technologies de transmission vidéo #7

par | 7 Mai 2026

EP 7 : le SDVoE

Dans les années 2010, le monde du pro AV a été confronté à l’arrivée de la 4K, des murs d’images et du contrôle à distance. Parmi les deux solutions dominantes HDBaseT et NDI (voir épisodes 5 et 6), aucune ne s’avérait idéale pour des projets complexes et qualitatifs. En 2017, le SDVoE vint répondre à ce besoin avec l’ambition d’être bien plus qu’un nouveau système de transmission vidéo…

À l’origine du SDVoE

Le SDVoE (Software Defined Video over Ethernet) voit le jour en 2017 avec la création de la SDVoE Alliance par Christie Netgear et Semtech, et réunit aujourd’hui plus de 50 fabricants. L’objectif : standardiser le transport de signaux AV sur les réseaux Ethernet 10 Gb/s et ainsi repousser les limites des technologies existantes. En effet, à cette époque, le marché pro AV était dominé par le combo HDBaseT + matrices propriétaires, une excellente solution pour des installations simples mais qui devenait vite complexe et coûteuse dès que l’on dépassait quelques dizaines d’équipements. Avec l’explosion de la 4K, des murs d’images, du multiview et du KVM sur de grandes distances, les intégrateurs cherchaient des solutions plus souples et plus économiques. Le SDVoE répond précisément à ce besoin en utilisant des switches 10G standard pour créer des matrices virtuellement illimitées et une transmission vidéo sans latence ni perte de qualité.

Zéro latence, zéro compression

Le SDVoE peut transporter une vidéo HDMI jusqu’au 4K60, mais aussi l’audio, le contrôle en RS232 ou IR, l’USB2.0, ainsi que des métadonnées, sur un seul câble Ethernet de 100 m. Le SDVoE affiche une latence inférieure à 0,1 ms, même en 4K ou 8K (notez qu’à 50 im/s, la durée d’une image est de 20 ms). Pour la production d’événement live, cette latence imperceptible est essentielle pour éviter l’écho visuel et pour une bonne synchro son/image. Côté qualité, le SDVoE peut transporter des images jusqu’à 4K30 sans aucune compression vidéo et donc sans aucune dégradation de l’image. Une légère compression (ratio de 1,4:1), sans perte visible est appliquée pour les formats plus lourds comme le 4K60 4:4:4 (incluant les aspect ratio 21:9 et 32:9) et la 5K.

Interopérabilité totale – l’Android du proAv

La plupart des technologies AVoIP (NDI, IPMX, Dante AV…) ne gèrent que le transport de bits et le routage. La force du SDVoE est de s’occuper aussi de la gestion des connexions (login, qui parle à qui, etc.), de la présentation des données (format d’image, colorimétrie, compression, correction de bezel, rotation de l’image…) et de la couche application : une API ouverte et gratuite permettant de piloter les flux vidéo depuis un PC/tablette/BMS. Pour les connaisseurs, SDVoE gère les sept couches du modèle OSI. L’API permet de réaliser les fonctions de switching, de rescaling, mais aussi de remplacer un processeur de mur d’images, une extension KVM, un multiviewer, de chiffrer les flux… Bref, tout devient logiciel ! Le SDVoE est bien plus qu’une technologie de transmission, c’est une véritable plateforme de développement à l’instar du système Android, permettant à tout un chacun de développer des applications. L’API étant commune à tous les fabricants, l’interopérabilité est totale et les économies de hardware sont drastiques.

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