EP 9 : IPMX
Dans l’épisode précédent, nous avons vu pourquoi la norme ST-2110 s’est imposée à la suite du SDI sur IP pour les projets broadcast. Pourtant elle n’est pas acceptée dans le monde proAV à cause de sa complexité et de certaines carences. L’industrie s’est attaquée au problème pour apporter une solution : IPMX, construit sur les fondations du ST-2110 et qui a pour ambition de s’imposer comme successeur du HDMI pour l’IP.
Origine de l’IMPX
L’AIMS (Alliance for IP Media Solutions) a été créée en 2016 avec pour mission d’accélérer la transition vers l’lP du secteur broadcast/proAV, et avec la volonté de s’appuyer sur des standards ouverts et interopérables. Dès lors, elle commença par promouvoir le ST-2110 pour le marché du broadcast. Considérant cette mission accomplie, l’AIMS va alors se concentrer sur le marché ProAV qui rejette le ST-2110 car inadapté au monde de l’intégration. Un groupe de travail a été créé dans VSF (Video Service Forum) pour développer IPMX (IP Media Experience) : une base de ST-2110 pour le transport des médias, AES67 pour l’audio, NMOS pour le contrôle, et des ajustements pour le rendre parfaitement utilisable en ProAV. Cette nouvelle norme s’appellera VSF-TR10.

Les atouts du ST-2110 conservés
IPMX étant développé directement sur les fondations du ST-2110, il en conserve naturellement les atouts techniques que nous allons rappeler ici. La flexibilité : une fois le signal converti en paquets IP, il peut être routé vers un nombre virtuellement illimité de destinations. L’audio et la vidéo sont traités et routés séparément. Le réseau devient le véritable commutateur intelligent, rendant obsolètes les matrices hardware traditionnelles. Les distances : grâce à l’infrastructure IP (fibre, cuivre Ethernet), les signaux parcourent des centaines de mètres, voire des kilomètres, sans dégradation de qualité. Le contrôle des flux : la supervision fine des flux via logiciel permet le monitoring en temps réel et l’analyse de qualité. Voyons maintenant comment IMPX va ajouter ce qui manque au ST-2110 pour satisfaire les besoins du ProAV.
Mêmes avantages que le HDMI
En ST-2110, les flux ne sont pas autodescriptifs : un récepteur ne sait pas ce qu’il doit afficher si ça ne lui est pas indiqué par ailleurs. Si la source n’est pas adaptée au récepteur (par exemple un signal 4K sur un écran HD), ou encore si un contenu protégé par HDCP est envoyé sur un récepteur non compatible, alors c’est l’écran noir. Le ST-2110 n’a pas été pensée pour le HDMI : pas de HDCP natif, pas de découverte automatique des appareils (EDID). Par exemple : impossible de brancher un lecteur Blu-ray ou un Mac sur un mur d’écrans sans bidouiller. IPMX corrige ces problèmes en proposant des flux autodescriptifs, intégrant le HDCP et l’EDID (un fichier échangé par l’écran et qui décrit tous les formats supportés).










