TEST des kits IEM HF à moins de 1 000 €

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novembre 2019Test Son

Le grand défi des In-Ears Monitors sans fil

L’utilisation des IEM (ou ears) n’est plus réservée aux grosses productions. Depuis une quinzaine d’années, cette pratique s’est démocratisée dans notre monde de la musique et de l’événement. Les constructeurs de l’audio pro ont suivi cette tendance, et l’on trouve désormais sur le marché des kits à la portée de toutes les bourses et aux qualités aussi diverses que leurs coûts. Les contraintes sont aussi nombreuses que les avantages. Parmi ces derniers, la quasi-disparition des wedges sur les scènes a largement allégé le volume de transport et de manutention, ce qui a diminué les coûts de production. L’avantage est aussi visuel, avec plus de liberté donnée à la scénographie. Mais quelques inconvénients, moins apparents, sont apparus. Les consoles, par exemple, ont nécessité davantage d’auxiliaires et de moteurs d’effets. Il a aussi fallu faire appel à des techniciens formés à cette utilisation, que ce soit dans le mixage ou la technologie HF.

LA GENÈSE

Chanter ou jouer avec des « embouts » dans les oreilles est tout sauf naturel et, pourtant, la plupart y trouvent leur compte. Il ne tient qu’à nous, techniciens et artistes, de relever le défi. L’intérêt initial semble parfois être oublié, car il s’agit avant tout d’un moyen de se protéger les oreilles du volume élevé d’une scène et une solution pour que chacun puisse décider de son propre volume d’écoute sans avoir à souffrir de la puissance de frappe de son voisin batteur. Un autre avantage concerne le déplacement. Où qu’il soit sur plateau, l’artiste entend pour ainsi dire le même son. Cela serait très coûteux et sans doute illusoire de vouloir réaliser cela avec des retours traditionnels. Certains artistes ou musiciens apprécient malgré tout d’avoir, en plus de in-ears, une paire de wedges afin de ressentir physiquement une pression acoustique, en particulier les impacts. Cette pratique est plébiscitée par les uns et désapprouvée par les autres.

BAISSE-LE DANS SES EARS !

L’inconvénient dont se plaignent souvent les ingénieurs du son façade est que l’artiste et les musiciens ont tendance à profiter du confort que procurent les IEM pour « donner moins ». Par exemple, un chanteur ou une chanteuse chantera presque systématiquement un peu moins fort. Certes, la fatigue vocale sera moindre et il gagnera en justesse mais, techniquement parlant, un artiste qui chante moins fort impose toujours davantage de contraintes à travers la reprise du bruit ambiant. Un micro avec un gain plus ouvert captera plus de son de plateau et donc plus des instruments environnant. Chacun doit garder à l’esprit ces désavantages. Il n’est pas rare d’entendre l’ingénieur du son façade appeler son collègue des retours pour lui demander dans le talkback : « Baisse le dans ses ears ! »

LA COMPOSITION D’UNE RÉGIE RETOURS IEM

Les régies retours sont gourmandes en auxiliaire stéréo. En plus d’avoir un mix par musicien, il faut aussi compter les mixes pour les backliners, le prompteur, les assistants et la production. Pour répondre rapidement à un problème sur scène, nous utilisons une liaison HF de secours dans laquelle il est possible d’envoyer n’importe quel mix grâce à une matrice stéréo. Le mode ingénieur que proposent la plupart des constructeurs est également un moyen de réagir vite en cas de panne. Comme les musiciens ont besoin de communiquer, ils disposent de micros talkback branchés via des pédales switch, ce qui rallonge encore un peu plus la feuille de patch…

Un article de

MAtthieu speck

Un article d'

Eric Moutot

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