Transmissions audio

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novembre 2020Tutoriel Son

Les réseaux AoIP

Ce début de XXIe siècle marque la démocratisation des solutions audio numériques. Parmi celles-ci, les réseaux sont en passe de remiser au rayon des antiquités les tourets de multipaires en cuivre, qui véhiculaient les signaux analogiques. Les réseaux présentent d’indéniables atouts en termes de gain de poids, de volume et de préservation de l’intégrité du signal, mais ils font appel à une nouvelle approche dans la gestion de la distribution.

LES MULTIPAIRES ANALOGIQUES

Un multipaire analogique permet de faire transiter un nombre défini de signaux audio d’un point A, une sortie d’un appareil, vers un point B, une entrée d’un autre équipement. On appelle cela une liaison point à point.L’un de ses atouts est sa lisibilité. Chacune des liaisons est indépendante et constituée d’une tresse de masse qui protège une paire de conducteurs (chaque liaison est électriquement symétrique, pour permettre une bonne immunité aux perturbations électromagnétiques). Le multipaire n’est en fait que le rassemblement de ces multiples paires au sein d’une grosse gaine de protection.

Chaque entrée et chaque sortie dispose d’un repère. Il est donc très simple de connecter le multipaire sans se tromper.

En cas de panne sur une liaison, il est souvent possible de dépanner, en changeant un connecteur, par exemple. Une paire peut aussi être remplacée par une autre, sans dégradation de la qualité de la liaison.

Cependant, ces aspects, qui ont longtemps constitué des points forts, présentent un revers de la médaille.

Alors qu’au siècle dernier nombre de concerts pouvaient se réaliser avec un multipaire de type 24/8, c’est-à-dire 24 liaisons de modulation provenant de la scène pour alimenter la console et huit alimentant les diffusions à partir de la console, nous avons assisté, depuis, à une inflation très nette des besoins. Il est courant de rencontrer des patches en 48, voire 64, pour ne parler que des signaux en provenance de la scène.

Or, les multipaires analogiques sont lourds, encombrants, laborieux à dérouler puis à enrouler, assez raides, figés dans leur topologie, et onéreux. L’ensemble de ces paramètres conduit à une équation bien peu favorable dans le cadre des besoins d’aujourd’hui.

LES RÉSEAUX AUDIO NUMÉRIQUES

L’idée ne date pas d’hier. On trouve dès 1969 un réseau numérique nommé ARPANET, utilisé pour les télécoms aux Etats-Unis. Le protocole TCP/IP sera quant à lui normé dès 1976 et utilisé par l’armée américaine à partir de 1983, année où est créé le protocole Ethernet, standardisé sous le numéro 802.3 par l’IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers).

Dans le domaine du son, divers protocoles de transmission de plusieurs canaux audio numériques via une liaison multiplexée – ADAT, AES EBU, MADI (AES10) ou AES50 – ont été développés et continuent d’être utilisés au quotidien. Mais, restant des liaisons « point à point », ils ne constituent pas des réseaux.

Des solutions, issues du milieu informatique, ont donc été imaginées pour transporter de la modulation non plus d’un point A à un point B, mais d’une source vers plusieurs destinations. Les protocoles audio sur IP (AoIP) étaient nés et, très tôt, l’un des enjeux allait consister à tenter d’harmoniser les formats des flux de données entre les appareils de différents constructeurs, pour permettre les échanges.

Un article d'

Eric Moutot

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